Niger: Mohamed Bazoum juge le rapport de forces "défavorable" pour Boko Haram

18 décembre 2020 à 16h36 par AFP

AFRICA RADIO

La candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle du 27 décembre au Niger, Mohamed Bazoum, juge que le rapport de forces est "défavorable" dans son pays pour le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, dans une interview à France 24 vendredi.

"Nous avons un rapport de forces stratégique qui leur est défavorable", estime M. Bazoum, une semaine après une attaque revendiquée par Boko Haram à Toumour, dans le sud-est du Niger, qui a fait 34 morts selon le dernier bilan."Boko Haram au Niger se réduit à des actes de kidnapping assortis de demandes de rançons", affirme Mohamed Bazoum, 60 ans, candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme.M. Bazoum, dauphin désigné du président Mahamadou Issoufou qui ne se représente pas après deux mandats, est considéré comme le favori du scrutin présidentiel.Boko Haram "n'est plus une organisation capable d'empêcher que nous ramenions les populations dans leurs villages", ajoute M. Bazoum. Toumour abrite 60.000 déplacés internes et réfugiés du Nigeria voisin. La région de Diffa (la grande ville du sud-est) abrite selon l'ONU 300.000 réfugiés nigérians et déplacés nigériens, fuyant depuis 2015 les exactions des jihadistes.M. Bazoum qualifie par ailleurs de "fausse" la revendication par Boko Haram de l'enlèvement de plusieurs centaines d'élèves dans le nord-ouest du Nigeria (dont plus de 300 ont été libérés), perpétrée en réalité par des "bandits" selon lui.Ancien ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères, M. Bazoum juge enfin "impossible" une jonction de Boko Haram, qui opère dans le sud-est du Niger, avec les groupes jihadistes présents dans l'ouest (dans la zone des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso), tels que l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS)."Stratégiquement c'est impossible. Il peut y avoir quelques connexions, quelques échanges, mais sur le plan opérationnel, géographiquement, physiquement, il n'est pas possible qu'il y ait une action de ce genre", juge M. Bazoum.Il défend cependant l'idée d'un doublement des effectifs de l'armée d'ici 2025, pour atteindre 50.000 hommes, avancée par le ministre de la Défense Issoufou Katambé fin novembre.Le Niger, un des Etats les plus pauvres au monde, est confronté à des attaques jihadistes ou de bandits armés sur six de ses sept frontières."Notre pays est vaste et entouré de foyers d'insécurité (...) Cela commande des moyens, notamment des effectifs militaires plus nombreux", "sans pour autant que nous sacrifiions l'essentiel qui est l'éducation et le bien-être de la population", assure M. Bazoum.