Niger: relaxe pour un acteur de la société civile emprisonné depuis avril

5 décembre 2018 à 14h20 par AFP

AFRICA RADIO

La justice nigérienne a relaxé mercredi un acteur de la société civile du Niger, emprisonné depuis avril à Zinder (centre-sud), la deuxième ville du pays, après une manifestation contre la loi de finances, a annoncé son organisation.

"Notre camarade Yahaya Badamassi est libre, la cour d'appel de Zinder a confirmé la décision du premier juge (de première instance) qui n'avait retenu aucune charge contre lui", a indiqué Alternative espaces citoyens (AEC), l'ONG dont Yahaya Badamassi est le responsable pour Zinder."La cour ordonne sa mise en liberté immédiate", selon l'arrêt de la cour publié par un journal en ligne. Il doit en "principe sortir de prison dans la journée", selon son ONG.En août, à l'issue d'un procès en première instance, il avait bénéficié d'un "non-lieu" mais avait été gardé en prison après appel du parquet.L'activiste avait été arrêté en avril et inculpé "d'abord pour +organisation et participation à une manifestation interdite et destruction de biens publics+" puis pour +participation à un mouvement insurrectionnel et conspiration contre la sécurité de l'État+", selon Amnesty International."Badamassi a été arrêté et incarcéré uniquement en raison de ses activités pacifiques de défense des droits humains. Il doit être libéré immédiatement et sans condition", avait estimé Kiné Fatim Diop, chargée de campagnes pour l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, dans un communiqué publié mardi.Amnesty réclame également la libération de Sadat Illiya Dan Malam, un autre activiste de Zinder, détenu depuis le 18 avril pour "participation à un mouvement insurrectionnel et conspiration contre la sécurité de l'État".L'incarcération des deux activistes est liée aux manifestations contre la loi de finances 2018, a relevé l'organisation de défense des droits de l'homme.Depuis octobre 2017, un collectif de la société civile, de l'opposition politique et de quelques syndicats a régulièrement organisé des manifestations dans la capitale et plusieurs autres villes pour demander l'abrogation de la loi de finances jugée "antisociale".Ils reprochaient au gouvernement d'avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts et surtout d'avoir "accordé des cadeaux fiscaux d'une vingtaine de milliards de francs CFA" (une trentaine de millions d'euros) aux compagnies de téléphonie.A Niamey, une vingtaine de personnes avaient été arrêtées et écrouées, dont certaines ont été remises en liberté après avoir avoir purgé des peines de plusieurs mois de prison.