Nigeria: 19 personnes tuées dans deux attaques de "bandits" dans le nord-ouest

8 février 2021 à 9h33 par AFP

AFRICA RADIO

Des hommes armés ont tué au moins 19 personnes samedi dans deux attaques de villages de l'Etat de Kaduna, dans le nord-ouest du Nigeria, a-t-on appris lundi des autorités locales.

Depuis près de dix ans, le nord-ouest et le centre du Nigeria sont en proie aux violences de groupes criminels surnommés "bandits", qui multiplient les enlèvements contre rançons et volent le bétail. "Ces civils ont été tués par des bandits armés dans le village de Kutemeshi, à Birnin Gwari, et dans le village de Kujeni, à Kajuru", a déclaré dans un communiqué le commissaire aux affaires internes de l'Etat de Kaduna, Samuel Aruwan, qui précise que le nombre de victimes s'élève à 19. "Plusieurs autres villageois ont été blessés par balle", a-t-il ajouté. Samedi soir, des bandits sont arrivés à moto dans le village de Kutemeshi où ils ont pillé plusieurs magasins, tué 14 personnes et blessé plusieurs autres, détaille le communiqué des autorités.Mais des habitants interrogés par l'AFP affirment que 19 personnes ont été tuées dans cette seule attaque. "Nous avons perdu 19 personnes. Nous les avons enterrées hier (dimanche)", a déclaré Ayuba Abdullahi, l'un des habitants. Le même jour, des hommes armés, également à moto, ont envahi le village de Kujeni, où ils ont tué cinq personnes et incendié des maisons, des entrepôts et une église, selon le communiqué de l'Etat de Kaduna. Le mois dernier, des hommes armés ont tué 12 personnes et enlevé trente autres dans l'attaque de trois villages dans la zone de Birnin Gwari et dans l'Etat voisin de Katsina. Ces bandes criminelles se cachent souvent dans des camps dans la forêt de Rugu, qui s'étend sur quatre Etats du nord et du centre du Nigeria: ceux de Katsina, de Zamfara, de Kaduna, et du Niger.Ces bandes criminelles sont motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens forts avec les groupes jihadistes présents dans le nord-est.Ces violences ont fait plus de 8.000 morts depuis 2011, et forcé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile, selon un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) publié en mai 2020.