Nigeria: Boko Haram pourrait être accusé de crimes contre l'humanité, selon l'ONU

5 novembre 2013 à 17h30 par La rédaction


Genève (AFP)

Le groupe islamiste Boko Haram, auteur de multiples attaques contre la population au Nigeria, pourrait être accusé de crimes contre l'humanité en cas de procès, a estimé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme.

"Les membres de Boko Haram et d'autres groupes et entités, s'ils étaient jugés pour avoir commis des attaques systématiques ou généralisées contre la population civile (pourraient être) coupables de crimes contre l'humanité", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Cécile Pouilly, au cours d'un point presse.

Depuis 2009, les attaques de Boko Haram, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché" en langue haoussa, et leur répression sanglante ont fait au moins 3.600 morts selon l'ONG Human Rights Watch.

La semaine dernière encore, des dizaines de personnes ont été tuées dans des attaques du groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, selon un responsable local.

Boko Haram a été incriminé par des témoins et des survivants de l'attaque samedi dernier d'un cortège nuptial, qui a tué plus de trente personnes.

L'armée mène une offensive depuis la mi-mai dans la majeure partie du Nord-Est, où l'état d'urgence a été décrété, pour tenter de mettre fin à l'insurrection de Boko Haram.Les islamistes revendiquent la création d'un Etat islamique dans le Nord, majoritairement musulman, au contraire du Sud, à majorité chrétienne.

Le président Goodluck Jonathan devra décider le 14 décembre s'il reconduit où non l'état d'urgence.

La porte-parole de l'ONU a également mis en garde le Nigeria contre les violations commises par l'armée contre les civils.

"Nous suivons aussi également de près avec les autorités nigérianes les allégations d'abus et de violations des droits de l'Homme qui auraient été commis par les forces de sécurité lors de la conduite des opérations", a averti Mme Pouilly.

"Nous appellons aussi le gouvernement nigérian à garantir que les forces de sécurité agissent en conformité avec la loi et évite l'usage excessif de la force", a-t-elle conclu.