Nigeria: Boko Haram revendique des attaques contre l'armée, des soldats tués

4 juin 2019 à 15h43 par AFP

AFRICA RADIO

La faction du groupe jihadiste Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique a revendiqué mardi une série d'attaques contre des bases militaires dans le nord-est du Nigeria et affirmé avoir tué 14 soldats.

Les allégations de cette faction, l'ISWAP (Etat islamique en Afrique de l'Ouest), n'ont pu être vérifiées de manière indépendante. Une source militaire a cependant confirmé que cinq soldats avaient été tués dans la base de la ville de Marte.Dans un communiqué en ligne, l'ISWAP a affirmé que ses combattants avaient attaqué cinq bases dans le nord de l'Etat du Borno le week-end dernier, détruisant des véhicules et emportant des armes, selon le SITE Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes.Les jihadistes ont attaqué des bases dans les villes de Marte, Kirenowa et Dikwa avec des "armes légères, moyennes et lourdes", tué "14 soldats" et détruit six camions et un véhicule blindé, selon l'ISWAP.Les insurgés ont ajouté avoir emporté deux véhicules et un "arsenal d'armes et de munitions comme butin" et brûlé l'une des bases.Deux autres bases, dans les villages de Kali et de Balgi, ont été attaquées par des assaillants à moto qui ont mis le feu à des tentes."Nous avons perdu cinq soldats dans les affrontements de Marte, mais je n'ai aucune précision sur les pertes humaines dans les autres camps", a déclaré une source militaire. "Nous devons attendre l'évaluation finale des incidents pour avoir un bilan définitif des victimes".Lundi, des sources au sein de l'armée et d'une milice avaient déclaré à l'AFP que les islamistes avaient attaqué quatre bases militaires, envahissant trois d'entre elles et volant des armes. Selon ces sources, les combattants avaient envahi les bases de Marte, Kirenowa et Dalwa mais l'assaut sur Dikwa avait été repoussé.Depuis juillet 2018, l'ISWAP a attaqué des dizaines de bases militaires, faisant de nombreux morts parmi les soldats.Par ailleurs, le chef de l'autre faction de Boko Haram, Abubakar Shekau, a rendu publique mardi une vidéo de 35 minutes, après des mois de silence. Il n'y fait aucune allusion au combat de Boko Haram contre l'armée nigériane, se contentant d'énoncer sa doctrine jihadiste à partir de textes religieux.Dans sa dernière apparition, en septembre 2018, il avait revendiqué une série d'attaques contre des objectifs militaires et civiles.L'insurrection lancée par Boko Haram il y a une dizaine d'années dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.Elle a aujourd'hui gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.