Nigeria: des dizaines de bûcherons enlevés par Boko Haram, 3 retrouvés morts

26 décembre 2020 à 15h28 par AFP

AFRICA RADIO

Plus de 40 coupeurs de bois, dont trois ont été retrouvés morts, dans le nord-est du Nigeria, ont été enlevés par des combattants présumés de Boko Haram, ont révélé samedi des sources locales et militaires à l'AFP.

"Un groupe d'une quarantaine de coupeurs de bois sont partis jeudi dans la forêt (de Wulgo) et ne sont pas revenus le soir, comme à leur habitude", a expliqué Umar Kachalla, l'un des chefs des milices locales qui combattent Boko Haram. "Vendredi, on a donc mobilisé des hommes pour les retrouver, et lors de notre mission nous avons trouvé trois corps, qui ont été identifiés et faisaient partie du groupe", relate-t-il. De nombreux combattants du groupe jihadiste Boko Haram, qui sème la terreur dans le nord-est du Nigeria depuis plus de dix ans, se sont regroupés dans cette forêt frontalière avec le Cameroun et accusent régulièrement les bûcherons ou les travailleurs agricoles de transmettre des informations aux milices ou à l'armée. "Nous n'avons aucun doute qu'ils aient été enlevés par les rebelles de Boko Haram", a affirmé un autre milicien, Shehu Mada."Les trois hommes retrouvés morts ont du être abattus alors qu'ils tentaient de s'échapper car on a retrouvé des balles dans leur dos", a-t-il précisé. Jeudi soir, à la veille de Noël, le groupe jihadiste a attaqué le village de Pemi, à majorité chrétien, et tué au moins 11 personnes, brûlé une église et enlevé un pasteur.Le groupe a publié samedi une vidéo de revendication de l'attaque, dans laquelle le pasteur kidnappé dit s'appeler Bulus Yukura."J'ai été enlevé alors que je faisais les préparations pour Noël", dit-il, assis devant un mur recouvert de plastique noir.Boko Haram, et le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), tous deux très actifs dans la région du lac Tchad, ont fait au moins 36.000 morts depuis le début de l'insurrection en 2009, et deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer à cause des violences.