Nigeria: des hommes armés incendient deux commissariats dans le sud-est

Par AFP

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Des hommes armés ont incendié deux commissariats de police et libéré deux prisonniers, dans le sud-est du Nigeria, a annoncé mardi la police, alors que les tensions se multiplient dans la région entre séparatistes et pouvoir central.

Dans une opération apparemment coordonnée, des combattants ont pris d'assaut lundi le siège de la police à Upko, dans l'Etat d'Anambra, et un poste de police dans l'Etat voisin d'Abia."Les assaillants, qui ont ouvert le feu, ont été repoussés par les policiers", a affirmé le porte-parole de la police d'Anambra, Nwode Nkeiruka, dans un communiqué."Ils ont ensuite lancé des cocktails Molotov et des bombes artisanales sur des véhicules dans l'enceinte du quartier général", a-t-il ajouté.Deux policiers ont été blessés par balles et un assaillant tué, selon lui.D'autres hommes armés ont pris d'assaut un commissariat à Uzuakoli (Etat d'Abia), libérant deux personnes qui y étaient détenues avant d'incendier le bâtiment."Les assaillants ont attaqué le commissariat avec de la dynamite et des lance-roquettes et ils ont libéré deux détenus", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police d'Etat, Geoffrey Ogbonna.Les deux attaques n'ont pas été revendiquées.Le Sud-Est du Nigeria connaît une recrudescence d'attaques visant les forces de sécurité, que les autorités attribuent à des membres de l'Ipob (Indigenous People of Biafra), un groupe séparatiste qui milite pour l'indépendance du Biafra, plus de 50 ans après la fin de la terrible guerre civile du Biafra (1967-1970) qui a fait près d'un million de morts, en majorité issus de l'ethnie locale igbo.Il y a deux semaines, l'attaque spectaculaire d'une prison à Owerri, capitale de l'Etat d'Imo, toujours dans le sud-est du Nigeria, a permis à plus de 1.800 détenus de s'évader, soit la plus grande évasion de l'histoire moderne du Nigeria.L'inspecteur général de la police, Muhammed Adamu, avait alors ordonné aux services de sécurité "d'utiliser leurs armes contre les membres de l'Ipob et de les détruire jusqu'au dernier homme".L'Ipob avait démenti toute implication dans cette évasion massive. Mais le mouvement a récemment publié des vidéos très impressionnantes d'une nouvelle milice, baptisée "Réseau sécuritaire de l'Est" (ESN), dans lesquelles on peut voir des dizaines, voire des centaines de combattants à l'entraînement.