Nigeria: des islamistes soupçonnés après un nouvel assassinat de policier

20 octobre 2010 à 16h27 par La rédaction

MAIDUGURI (AFP)

Un policier a été assassiné par des membres présumés d'une secte islamiste près de Maiduguri, dans le nord du Nigeria, où l'armée a été déployée suite à la multiplication d'attaques attribuées à ce mouvement, a indiqué mercredi une source policière.

"Des assaillants qui appartiendraient à Boko Haram ont tué l'un de nos hommes", a déclaré à l'AFP, Abdullahi Lawan, un porte-parole de la police, en référence à la secte qui se réclame des talibans d'Afghanistan.

"Il n'était pas en service et rentrait chez lui après une sortie à caractère privé" mardi soir, a-t-il poursuivi.

Deux hommes à moto ont ouvert le feu sur le policier qui était à pied et ne portait pas d'arme, en périphérie de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno dans le nord-est du Nigeria, a ajouté le porte-parole.

Cette attaque est intervenue en dépit d'un récent déploiement des forces de l'ordre à Maiduguri et de l'interdiction des deux-roues le soir et la nuit.

La secte Boko Haram s'était insurgée en 2009 et les combats avec les forces de l'ordre, particulièrement intenses à Maidugiri où son QG a été détruit, avaient fait plus de 800 morts.

Le mouvement fait à nouveau parler de lui de plus en plus souvent depuis quelques mois, avec de nombreuses attaques sporadiques qui lui ont été attribuées par les autorités.

Après l'attaque aves des bombes artisanales d'un commissariat de Maiduguri début octobre, des barrages de police ont été dressés à travers la ville et l'armée y a de nouveau été déployée dans le cadre de l'Opération Mesa (python en langue Haoussa).

Le responsable de la police de l'Etat a été remplacé récemment et le chef de l'armée de Terre s'est rendu à Maiduguri où il a annoncé la création prochaine d'une force conjointe police-armée-armée de l'air.

"La situation sécuritaire dans l'Etat de Borno requiert plus que la police, qui ne parvient pas à se protéger elle-même, sans parler de la protection des autres", a résumé le gouverneur de l'Etat Ali Modu Sheriff, lors d'une conférence de presse mardi soir.

En septembre, des membres présumés de Boko Haram ont pris d'assaut la prison de Bauchi (nord), libérant plus de 700 détenus, dont une centaine seraient des fidèles.

Ces derniers mois, des assassinats de policiers mais aussi d'un responsable politique et d'un dignitaire musulman ont été attribués à la secte.

Boko Haram, qui signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est un péché", veut instaurer un Etat islamique "pur".

Douze Etats du nord du Nigeria, région majoritairement musulmane, ont réintroduit la charia (loi islamique) il y a dix ans.Le sud du pays le plus peuplé d'Afrique est à dominante chrétienne.