Nigeria: des jihadistes attaquent une base militaire, fuite d'habitants

21 février 2021 à 15h33 par AFP

AFRICA RADIO

Des jihadistes ont envahi une base militaire clé dans le nord-est du Nigeria, une attaque qui a entraîné la fuite de nombreux habitants, ont indiqué dimanche à l'AFP des sources militaires et des habitants.

Tard vendredi, des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) à bord de plusieurs camions munis de mitrailleuses ont attaqué Dikwa, dans l'Etat de Borno, où l'armée nigériane possède l'un de ses "super camps" de base militaires."Les terroristes ont attaqué le super camp depuis deux axes et ont délogé les troupes", a déclaré à l'AFP un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat."Ils ont attaqué la base depuis les flancs nord et nord-est, contraignant les soldats au retrait", a déclaré une deuxième source militaire, préférant également rester anonyme.Tandis que les habitants commençaient à fuir, l'armée de l'air nigériane a envoyé des avions de chasse, repoussant les combattants hors de la ville, ont indiqué des sources concordantes.Il ne s'agit pas de la première attaque de ce type. Lundi dernier, des jihadistes de l'Iswap ont tué huit soldats lorsqu'ils ont délogé les troupes d'une autre base à Marte, située également dans l'Etat de Borno, selon des sources militaires. Cette base avait également été envahie en janvier.Dimanche, l'armée a remplacé son commandement militaire à Dikwa et Marte pour "incompétence et manquement au commandement", ont indiqué des sources militaires.Aucun détail n'a été fourni de source officielle sur d'éventuelles victimes civiles ou militaires.Mais selon un communiqué impossible à vérifier de manière indépendante, l'Iswap a revendiqué l'attaque de Dikwa en affirmant que ses combattants avaient tué 15 soldats et en avaient blessé plusieurs autres.Les jihadistes ont également affirmé avoir détruit huit véhicules militaires et en avoir saisi quatre autres, ainsi que des munitions.Le nombre total de personnes déplacées après l'attaque n'était pas connu à ce stade. Plus de 130.000 personnes vivent à Dikwa, dont 75.000 ayant déjà fui d'autres zones de la région et qui vivent dans des camps."On a fui dans le bush et dans la ville d'Ajiri (située à 15 km de Dikwa) pendant l'attaque", a déclaré un habitant, Adamu Ahmad.Le Nord-Est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis le lancement d'attaques meurtrières par le groupe jihadiste Boko Haram.En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté, la faction historique, et de l'autre, Iswap, reconnue par l'Etat islamique. Ces dernières années Iswap a infligé de lourdes défaites à l'armée nigériane, très critiquée pour son incapacité à mettre fin au conflit.Le groupe cible particulièrement les militaires et a tissé des liens économiques avec les populations locales, même si les attaques contre des civils semblent s'être multipliées ces derniers mois, témoignant d'un éventuel changement de stratégie.