Nigeria: des proches du président Buhari élus aux postes-clés du Congrès

11 juin 2019 à 15h56 par AFP

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Le 9e Congrès du Nigeria, inauguré mardi après les élections générales de février, a élu deux proches du président Muhammadu Buhari aux postes de président du Sénat et de président de la Chambre des représentants, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Nigeria, pays fédéral, possède une législature bicamérale dans laquelle le Congrès comprend le Sénat et la Chambre des représentants. Ahmad Lawal, 60 ans, originaire du Nord (État de Yobe), a été élu président du Sénat face à son adversaire Ali Ndume, par 79 voix contre 28 (deux sénateurs étaient absents). Il devient ainsi le deuxième homme politique le plus important du Nigeria, pays le plus plus peuplé d'Afrique. Femi Gbajabiamila, 57 ans, de l'État de Lagos (sud-ouest), a été élu de son côté président de la Chambre des représentants, face à Umar Mohammed Bago, avec 281 voix contre 76. Tous les deux, ainsi que leurs adjoints - également élus mardi au terme de cette journée d'inauguration -, étaient les candidats choisis par le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), et soutenus par le chef de l'Etat."C'est le jour de l'APC", "Cher Président Buhari, c'est à vous de jouer", pouvait-on lire sur le compte Twitter du parti.Muhammadu Buhari, réélu en février dernier pour un second mandat, et investi fin mai, avait déjà choisi MM. Lawal et Gbajabiamila pour occuper ces postes-clés en 2015, au lendemain de sa première élection. Toutefois, sénateurs et représentants avaient élu des opposants au chef de l'Etat: Bukola Saraki (Sénat), et Yakubu Dogara (Chambre des représentants) étaient devenus les principaux ennemis du président Buhari. Qualifiés "d'antipatriotiques" par le chef de l'Etat, ils ont été accusés de bloquer les décisions de l'exécutif pendant le premier mandat de l'APC, et notamment de retarder volontairement certains votes, comme celui sur l'adoption du budget. Muhammadu Buhari, qui a déjà dirigé le Nigeria en 1983 pendant les dictatures militaires, avait été élu démocratiquement une première fois en 2015, soulevant à l'époque une vague d'espoir.En février, les élections ont été marquées par de nombreuses violences, un fort taux d'abstention (35% de participation), de graves manquements dans l'organisation du scrutin et une indifférence généralisée dans ce pays de 190 millions d'habitants, dont la moitié vivent dans l'extrême pauvreté. Le président Buhari, qui célèbrera mercredi le Jour de la Démocratie en présence de quelques chefs d'Etat pour marquer le début de son second mandat, a promis de s'attaquer à la corruption, le mal endémique du premier producteur de pétrole d'Afrique, et d'endiguer les vagues de violences qui se propagent dans le pays.