Nigeria : deux ex-membres de la Commission électorale condamnés pour corruption

Par AFP

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Deux anciens membres de la Commission électorale indépendante du Nigeria ont été condamnés vendredi à sept ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin de l'ex-ministre du Pétrole, afin de truquer les résultats de la présidentielle de 2015.

Christian Nwosu et Tijani Bashir ont été reconnus coupables de corruption, pour avoir reçus 264,8 millions de nairas (642.000 euros) de Diezani Alison-Madueke.Mme Alison-Madueke, qui fut la première femme présidente de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a été ministre du Pétrole entre 2010 et 2015, pendant la présidence de Goodluck Jonathan.Celui-ci, candidat à un second mandat, a perdu le scrutin en 2015 face à Muhammadu Buhari.Diezani Alison-Madueke est elle-même visée par plusieurs enquêtes pour blanchiment d'argent et corruption aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Italie et l'une des cibles privilégiées de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au Nigeria."On ne peut pas laisser sombrer le pays dans l'anarchie. Un message doit être adressé à la Commission électorale (INEC): toute personne coupable d'un crime sera traitée conformément à ce que prévoir la loi", a déclaré vendredi le juge Mohammed Idris.Le verdict survient en pleine campagne électorale: les Nigérians vont voter le 16 février pour la présidentielle et les législatives.Le juge a également ordonné la confiscation de terres et des biens appartenant à Christian Nwosu, pour une valeur de 25 millions de nairas (60.550 euros), ainsi que la saisie de cinq millions de nairas (12.100 euros) en liquide.Tijani Bashir s'est vu confisquer une propriété d'une valeur de 27 millions de nairas (65.390 euros) dans la capitale, Abuja.Un troisième ancien membre de la Commission électorale indépendante, Yisa Olanrewaju Adedoyin, avait reconnu avoir reçu des pots de vins et plaidé coupable en mai 2017. Il avait été condamné à une amende de 10 millions de nairas (24.200 euros) et à des confiscations de terrain.L'agence anti-corruption du Nigeria (EFCC) accuse Mme Alison-Madueke d'avoir distribué au total 23 millions de nairas (55,7 millions d'euros) pour tenter d'influencer le résultat de la présidentielle de 2015.Elle avait été arrêtée en octobre 2015 à Londres, où un tribunal a ordonné le gel de cinq propriétés de luxe liées à ses affaires, avant d'être libérée sous caution en attendant son procès.Le patron de l'EFCC avait annoncé en novembre 2018 son intention de la faire extrader pour qu'elle soit jugée dans son pays, estimant trop lente la procédure initiée par la justice britannique.L'ex-ministre de 58 ans a toujours nié avoir détourné des millions de dollars de juteux contrats pétroliers et des caisses de l'Etat lorsqu'elle était aux affaires.