Nigeria: deuxième jour de grève générale, six morts lundi

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

Le Nigeria est entré mardi dans le deuxième jour d'une grève générale illimitée lancée pour protester contre la hausse du prix des carburants et au cours de laquelle six personnes ont trouvé la mort lundi.

De nombreux commerces étaient fermés dans les grandes villes du pays, le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants et principal producteur de pétrole du continent.

La circulation automobile était faible, les quelques taxis en activité avaient accroché des branchages sur leur capot pour signifier leur solidarité avec les manifestants.

Dans la capitale économique Lagos, une marche était prévue mais en milieu de matinée, seule une centaine de personnes s'étaient rassemblées.

"Nous ne suspendrons pas la grève avant que le gouvernement n'écoute la voix de la raison et revienne sur sa décision", a indiqué Daniel Ejiofor, un des manifestants."Nous appelons les Nigérians à persévérer car la victoire est au bout", a-t-il ajouté.

 La grève générale avait paralysé le pays lundi, avec des dizaines de milliers de manifestants défilant dans les rues.Mais des heurts parfois violents ont eu lieu avec les forces de l'ordre et six personnes ont trouvé la mort: trois à Lagos et trois dans la grande métropole du nord, Kano.

Les syndicats exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l'alimentation des générateurs d'électricité.

Le litre à la pompe est ainsi passé du jour au lendemain de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas alors que la majorité des 160 millions de Nigérians vivent avec moins de deux dollars par jour.

Mais si l'activité était largement à l'arrêt dans les grandes villes, la production de pétrole, 2,4 millions de barils par jour, n'a pas été affectée par la grève, ont assuré des responsables du secteur.

 Le mouvement de grève, d'une durée indéterminée, se produit dans un contexte de tension croissante entre chrétiens et musulmans dans le pays le plus peuplé d'Afrique et, lundi, des manifestants ont tenté d'incendier une mosquée dans le Sud à majorité chrétienne.

Le pape Benoît XVI s'est personnellement inquiété lundi de cette montée des violences interconfessionnelles, tandis que les Etats-Unis ont "vivement" condamné "ces actes de violence continus attribués" au groupe islamiste Boko Haram.