Nigeria: élection du gouverneur sous haute tension dans l'Etat de l'ex-président Jonathan

Par La rédaction

Lagos (AFP) L'élection du gouverneur de l'Etat de Bayelsa, celui de l'ex-président Goodluck Jonathan, dans le sud du Nigeria, se déroulera samedi dans un climat de tension, avec un impressionnant déploiement des forces de l'ordre pour prévenir d'éventuelles violences.Quelque 14.000 policiers ont été déployés, selon le porte-parole de la police locale Butswat Asinim, dans l'Etat de Bayelsa, un des plus petits de la fédération nigériane avec 1,7 million d'habitants et aussi l'un des plus pauvres malgré ses ressources pétrolières.La campagne électorale a été marquée par des accusations de violences entre les supporters des deux candidats, l'actuel gouverneur Seriake Dickson, un avocat de 49 ans qui représente le Parti démocratique populaire (PDP) de l'ancien président Jonathan, et Timipre Sylva, en course pour le Congrès progressiste du président Muhammadu Buhari.L'élection des gouverneurs s'était déroulée en avril dans l'ensemble du Nigeria, mais le scrutin était décalé à Bayelsa. C'est en réalité une bataille entre frères ennemis, Timipre Sylva étant le précédent gouverneur de l'Etat jusqu'en 2011, sous les couleurs du PDP, qu'il a quitté l'an dernier pour passer à l'APC.Il a toutefois peu de chances de retrouver son poste, Bayelsa étant entièrement acquis au PDP.Goodluck Jonathan y avait recueilli 98% des voix lors de la présidentielle en mars.La criminalité est traditionnelement élevée à Bayelsa, notamment le kidnapping contre rançon et le vol de pétrole à partir d'oléoducs, comme dans l'Etat voisin de Rivers.La police a annoncé des restrictions de circulation sur terre et sur l'eau.A Bayelsa, Etat côtier situé dans le delta du Niger qui compte d'innombrables canaux, les habitants se déplacent majoritairement en bateau.L'autre enjeu du scrutin est la crédibilité de la commission électorale nigériane (INEC), après l'annulation partielle de l'élection du gouverneur de l'Etat de Kogi (centre) le mois dernier.Les électeurs de cet Etat doivent aussi revoter samedi."Les observateurs internationaux vont scruter les élections de samedi comme un test d'efficacité de l'INEC", selon Jiti Ogunye, un constitutionnaliste basé à Lagos.