Nigeria: le cerveau présumé d'un attentat à Noël de nouveau arrêté

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

Les autorités nigérianes ont à nouveau arrêté le cerveau présumé d'un attentat contre une église catholique le jour de Noël qui avait fait 44 morts, après qu'il s'est évadé dans des conditions douteuses, ont indiqué vendredi à l'AFP des sources concordantes.

L'évasion en janvier de Kabiru Sokoto, membre présumé du groupe islamiste Boko Haram, avait fait monter la pression sur le gouvernement et le président avait peu après limogé le chef de la police.

"Il a été à nouveau arrêté ce matin à Mutum Biu dans l'Etat de Taraba (est) par les SSS", les services de renseignement de la police nigériane, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire ayant requis l'anonymat.

"Il est actuellement transféré par avion vers Abuja", par l'armée, a précisé cette source.

Une source à la présidence a confirmé l'arrestation sans fournir de précisions.

Kabiru Sokoto est soupçonné d'avoir orchestré l'attentat contre une église catholique à Madalla, près de la capitale Abuja, le 25 décembre quand les fidèles sortaient de la messe de la Nativité.

Il serait parvenu à s'évader peu après son arrestation mi-janvier alors que la police l'avait emmené chez lui afin de fouiller son domicile.La police affirme que son convoi a été attaqué par des membres présumés de Boko Haram.

Cette évasion avait soulevé des doutes tandis que beaucoup soupçonnent l'existence de liens entre le groupe islamiste et des hommes politiques.La police nigériane est en outre très corrompue.

Les conditions de l'arrestation de Kabiru Sokoto en janvier n'étaient pas claires non plus.

Il aurait été appréhendé dans une demeure appartenant au gouverneur de l'Etat de Borno (nord-est) dont la capitale Maiduguri est le fief de Boko Haram.

Le ministre de l'information de l'Etat de Borno, Inwa Bwala, avait estimé que le suspect avait pu être introduit dans cette propriété à l'insu du gouverneur, par un visiteur qui avait été autorisé à y passer la nuit.

Boko Haram a revendiqué de nombreux attentats et attaques, multipliant depuis des mois les opérations de plus en plus sophistiquées et meurtrières.Des centaines de personnes ont été tuées dans ce cycle de violences qui secoue le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de brut du continent.