Nigeria: le passeport de l'ex-patron de la Banque centrale confisqué

4 mai 2014 à 12h59 par La rédaction


Kano (Nigeria) (AFP)

L'ex-gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, renvoyé après avoir dénoncé un scandale de corruption majeur, a dénoncé dimanche la confiscation de son passeport par la police secrète, malgré une décision de justice interdisant une précédente confiscation.

Selon l'intéressé qui tentait d'embarquer dans un avion, l'ordre de confiscation vient du président nigérian Goodluck Jonathan, durement critiqué pour la corruption qui mine son administration et son incapacité à mettre fin à l'insurrection du groupe islamiste armé Boko Haram qui ensanglante le pays.

"C'est mon passeport personnel (qui a été saisi), car mon passeport diplomatique ne m'a jamais été rendu depuis que le Service de la sécurité d'Etat (SSS, services secrets) l'avait saisi en février, et a refusé de le rendre malgré une décision de justice" le lui ordonnant, a déclaré l'ancien chef de la Banque centrale, Lamido Sanusi, devant des journalistes à l'aéroport de Kano, dans le nord du Nigeria.

M. Sanusi, qui tentait d'embarquer dans un vol pour la France, avait été suspendu de ses fonctions le 20 février, moins de quatre mois avant la fin de son mandait, après avoir accusé la puissante compagnie pétrolière nationale d'avoir détourné près de 20 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros) de fonds publics.

Son passeport diplomatique avait alors déjà été confisqué une première fois par les services secrets, mais un tribunal avait jugé début avril qu'ils avaient agi illégalement, ordonnant que le document soit rendu immédiatement à M. Sanusi.

Ce dernier a expliqué dimanche que son passeport personnel avait à nouveau saisi par la SSS, alors qu'il attendait vers minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, d'embarquer dans un avion à l'aéroport de Kano.

M. Sanusi, 52 ans, a précisé qu'il prévoyait d'abord de séjourner brièvement en France, avant de se rendre en Arabie Saoudite en pèlerinage.

"J'ai montré la décision de justice aux agents de la SSS qui ont saisi mon passeport, mais ils ont dit qu'ils avaient reçu des ordres de la présidence de saisir mon passeport", a ajouté l'ex-gouverneur de la Banque centrale.

La SSS n'était pas joignable dans l'immédiat.