Nigeria: les activistes du MEND menacent d'attaquer les installations d'Eni

Par La rédaction

LAGOS (AFP)

Les activistes du mouvement MEND ont menacé lundi d'attaquer des installations de la compagnie pétrolière italienne Eni au Nigeria, l'accusant de soutenir l'OTAN dans ses frappes aériennes contre la Libye.

Dans un communiqué transmis par e-mail, le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (Mend), le principal groupe armé du sud du Nigeria, accuse ENI de "vol" de pétrole dans la région du delta du Niger, dans le sud du pays et d'aider une unité militaire spéciale des forces nigérianes dans cette région.

"Le groupe a activement participé au vol du pétrole pendant des décennies dans le delta du Niger et aide les militaires nigérians dans leur entreprise de terre brûlée et leur action génocidaire contre les populations éprises de justice du delta", souligne le MEND qui affirme combattre pour qu'une plus grande part des ressources du pétrole aille aux populations locales.

"Le MEND observe avec indignation l'implication du groupe italien ENI dans les attaques d'innocents citoyens de Libye par les nations occidentales destinées à piller les ressources minérales de cette nation", indique également le communiqué.

"En signe de solidarité avec le peuple opprimé de Libye, nous prenons l'engagement de détruire toutes les (installations) du groupe ENI au Nigeria et exhortons tous les Africains à faire de même", ajoute-t-il.

Le MEND demande aussi pourquoi le nations occidentales ont ignoré les bombardements opérés dans la région du Delta du Niger par l'armée nigériane.

L'armée nigériane avait mené à la mi-mai une opération visant à y déloger des groupes armés.

Le Delta du Niger est une région pauvre et sous-développée où des groupes y mènent fréquemment des attaques d'infrastructures pétrolières au nom d'une plus juste répartition de la manne.De simples gangs criminels y opèrent aussi.

Une amnistie offerte en 2009 à ces groupes armés a permis une accalmie et une remontée de la production du Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique.

Mais le MEND, qui a déclaré ne pas être concerné par cette amnistie, affirme n'avoir "aucun respect pour (Goodluck) Jonathan", le président nouvellement élu, originaire de cette région, "qui sert avec joie comme larbin des gouvernements occidentaux"