Nigeria: plateforme pétrolière attaquée, cinq otages probables

8 novembre 2010 à 10h50 par La rédaction

EKET, Nigeria (AFP)

Une plateforme pétrolière a été attaquée dans la nuit de dimanche à lundi au large du Nigeria et cinq membres d'équipage ont probablement été enlevés, a annoncé la compagnie Afren qui supervise cette installation au sud du pays.

"Une faille dans la sécurité s'est produite sur le site High Island VII (...) deux membres d'équipage sont maintenant dans un état stable après avoir été blessés aux jambes et ont été évacués par hélicoptère dans une clinique" locale, indique la compagnie dans un communiqué, ajoutant que "cinq membres auraient été pris en otages".

"Une autre faille dans la sécurité est ensuite survenue sur un bateau de logistique", poursuit le communiqué selon qui "le navire et la plateforme sont tous deux sous le contrôle de la compagnie".

La compagnie ne précise pas la nationalité des otages probables.

Afren se présente comme une société indépendante d'exploration et exploitation de pétrole et gaz naturel, cotée à la bourse de Londres.La société opère au Nigeria avec son partenaire local AMNI International.

La plateforme attaquée se trouve dans le champ pétrolifère Okoro, à 12 kilomètres des côtes de l'Etat méridional d'Akwa Ibom.Cet Etat est situé dans la région instable du delta du Niger, coeur de la production pétrolière du pays.

En septembre, des hommes armés ont attaqué un bateau opérant sur un champ pétrolier au large du Nigeria et enlevé trois membres d'équipage français.Un Thaïlandais avait également été kidnappé.

Les enlèvements sont fréquents dans le delta du Niger, où opèrent de nombreux gangs criminels ainsi que des groupes de militants affirmant lutter au nom d'un plus juste répartition de la manne pétrolière.

Les victimes sont le plus souvent des employés du secteur pétrolier, expatriés ou locaux, mais l'on assiste à une recrudescence d'enlèvements de responsables politiques ou de membres de leurs familles, de dignitaires religieux ou encore de journalistes.

En général, les ravisseurs les relâchent au bout de quelques jours ou semaines, souvent contre une rançon.

Les violences qui secouent le delta et avaient largement fait chuter la production pétrolière du 8e exportateur mondial de brut, ont diminué à la faveur d'une amnistie offerte en 2009 par l'ex-président Umaru Yar'Adua aux combattants qui déposeraient les armes.

Cependant, les incidents sont à nouveau en hausse depuis quelques mois, à l'approche d'élections générales prévues début 2011.

Le 1er octobre, un double attentat à la voiture piégée dans la capitale fédérale Abuja a fait au moins 12 morts en marge de la cérémonie officielle marquant le cinquantenaire de l'indépendance.

Le principal groupe armé du delta, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend), a revendiqué cette attaque et à diffusé une nouvelle alerte à la bombe sur Abuja peu après, sans préciser quand l'attaque aurait lieu.

Le Mend, apparu en 2006 et décrit comme une organisation regroupant d'autres groupes de combattant, n'avait alors encore jamais frappé dans la capitale.

Jusqu'alors, ses attaques étaient concentrées contre l'industrie pétrolière: sabotage d'oléoducs, prise d'assaut de navires, enlèvements.

Fin octobre, un oléoduc de la compagnie pétrolière italienne Eni a été saboté, entraînant une baisse de la production de 4.000 barils par jour.

Le président Goodluck Jonathan, candidat à la présidentielle de 2011, est originaire du delta et est sous pression pour pacifier cette région.