Nigeria: plusieurs morts dans des violences dans le centre et le nord

Par La rédaction

JOS (Nigeria) (AFP)

Des responsables de la communauté musulmane ont affirmé dimanche que 15 personnes avaient été tuées lors d'affrontement entre chrétiens et musulmans à Jos, dans le centre du Nigeria, mais la police a assuré n'avoir relevé que deux morts.

Par ailleurs, deux membres d'une secte islamiste active dans le Nord du pays et un policier ont été tués dans l'état de Borno, selon la police.

A Jos, théâtre d'affrontements intercommunautaires réguliers, "nous avons jusqu'ici retrouvé 15 corps dans différents points de la ville touchée par les violences d'hier (samedi), a déclaré à l'AFP Mohammed Shitu, chef d'une équipe de secouristes Hausa.

Il a ajouté que plusieurs avaient été blessés par des coups de machettes, d'autres par des tirs de fusils, d'autres encore brûlés.

Un responsable d'un important groupe musulman de Jos, Ahmed Garba, a parlé de 14 morts."Six d'entre eux ont été tués par les tirs des agents de sécurité (...) Cinq personnes ont été tuées à Rusau lors des affrontements entre chrétiens et musulmans et trois ont été brûlés par des vandales", a déclaré à l'AFP M. Garba.

La police a maintenu que deux personnes seulement avaient été tuées dans les affrontements qui ont suivi l'attaque vendredi de trois étudiants du campus de Jos par des musulmans d'un village venus à moto.

"Hier (Samedi) il n'y avait pas de morts", a assuré Abdulrahman Akano, le chef de la police de l'Etat du Plateau, dont la capitale est Jos.

Les responsables de la communauté chrétienne ont indiqué que les églises étaient vides dimanche matin.

Le centre du Nigeria est régulièrement touché par des vagues de violences, la plupart ayant lieu à Jos et dans ses environs, où des luttes de pouvoir locales ont été à l'origine de heurts entre groupes ethniques musulmans et chrétiens.

Dans le Nord du pays, lui aussi en proie à des violences, quatre membres présumés de la secte islamiste Boko Haram ont ouvert le feu sur trois policiers tenant un barrage dans la ville de Maiduguri, a dit le chef de la police de l'état de Borno, Mohammed Jinjiri Abubakar.

Deux des assaillants et un policier ont été tués dans l'échange de coups de feu, a-t-il ajouté.

Plus de 80 personnes ont été tuées dans des attaques imputées à Boko Haram au cours des sept derniers mois à Maiduguri.

Vendredi, des inconnus avaient abattu sept personnes dont un homme politique qui était candidat à un poste de gouverneur dans le nord du Nigeria aux élections d'avril, selon la police.

Modu Fannami Gubio était candidat du All Nigeria People's Party (ANPP), au pouvoir dans l'Etat de Borno.

Les élections des gouverneurs et des assemblées des Etats doivent avoir lieu le 16 avril, l'élection présidentielle le 9 avril et les législatives le 2 avril.