Nigeria: Shell a levé la force majeure sur une partie de ses exportations

2 novembre 2011 à 13h15 par La rédaction

AFRICA RADIO
LAGOS (AFP) - (AFP)

La compagnie pétrolière Shell a annoncé mercredi la levée de la "force majeure" déclarée en octobre sur une partie de ses exportations de brut du Nigeria mais maintient la suspension de la production de l'un de ses champs.

La Shell Petroleum Development Company (SPDC, coentreprise de Shell au Nigeria) a levé mardi "la force majeure déclarée sur les chargements (du terminal) de Forcados après avoir terminé les réparations sur l'oléoduc Trans Forcados", dans le sud, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

La clause de force majeure, courante dans les milieux pétroliers, permet à l'industriel de suspendre ses obligations contractuelles telles que les livraisons de pétrole et de gaz, à la suite d'événements imprévus, sans encourir de pénalités.

Le groupe anglo-néerlandais avait recouru le 10 octobre à cette mesure, expliquant qu'un acte de sabotage avait provoqué une fuite sur l'oléoduc Trans Forcados situé dans le delta du Niger, zone pétrolifère du Nigeria.

Le Nigeria est le premier producteur de brut d'Afrique et Shell y est le premier opérateur.Le delta du Niger est une région volatile où le vol de pétrole, prélevé directement sur les oléoducs et destiné à un marché noir régional, est fréquent.

Fin août, Shell avait suspendu la production quotidienne de 25.000 barils de son champ d'Imo River (delta du Niger) en raison de fuites causées par le vol et le raffinage clandestin de brut de ce champ.

Dans un second communiqué reçu mercredi, la compagnie a indiqué que ces activités se poursuivaient, l'empêchant de rétablir sa production.

La SPDC affirme avoir constaté que des individus transféraient du brut vers des bateaux et des camions."Seize points de vol ont été découverts sur le champ Imo River rien qu'en septembre", relève-t-elle.

Le vol et le raffinage clandestin polluent énormément et des défenseurs de l'environnement estiment que les pétroliers ne font pas assez pour empêcher ces activités.

L'ONU a jugé dans un rapport en août que la pollution liée à l'exploitation pétrolière en pays Ogoni, au coeur du delta, exigerait la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise dans le monde.