Nigeria: Shell avertit d'un risque sur la production après le sabotage d'oléoducs

Par La rédaction

LAGOS (Nigeria) (AFP)

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell opérant au Nigeria a averti mercredi qu'il pourrait ne pas honorer ses obligations contractuelles concernant les livraisons de brut, après de récents sabotages contre ses oléoducs dans le sud du Nigeria.

"Nous avons déclaré la force majeure.Elle est effective depuis le 16 août à 18H00 heures (17H00 GMT)", a indiqué à l'AFP le porte-parole du groupe Precious Okolobo.

Il faisait référence à la clause légale qui libère une compagnie de ses obligations en cas d'évènement qu'elle ne maîtrise pas.

"La demande de sursis (concernant les livraisons) fait suite à des attaques ou des vols de brut de l'oléoduc de Cawthorne dans la partie est du Delta du Niger", a-t-il précisé.

Il a toutefois refusé de préciser les quantités de pétrole perdues à la suite des attaques.

"La réparation des oléoducs endommagés est en cours", a affirmé M. Okolobo.

Dimanche, la Shell Petroleum Development Company (SPDC), coentreprise entre la major et l'Etat nigérian, avait indiqué dans un communiqué, que deux de ses oléoducs dans l'Etat de Rivers avaient été endommagés lors de trois incidents séparés, entre les 1er et 12 août.

Le principal opérateur pétrolier au Nigeria indiquait que "des voleurs de brut présumés auraient percé des trous ou scié" les installations pour "syphonner du pétrole".

Il s'agit d'oléoducs reliant le passage de Cawthorne ainsi qu'Alakiri au terminal de Bonny, selon la SPDC qui affirme avoir "tiré la sonnette d'alarme" sur l'augmentation des sabotages dans cette zone.

Les vols de brut sont fréquents dans le delta du Niger, région pétrolifère quadrillée d'oléoducs et aux populations très pauvres.

En 2009, la production moyenne du groupe a été de 629.000 barils par jour contre 850.000 b/j en 2008.

Le Nigeria est le 8e exportateur mondial de pétrole.Après des années de violences dans le delta qui avaient fait chuter la production, celle-ci est remontée depuis un an à la faveur d'une amnistie offerte aux groupes rebelles.

Ainsi, en juillet, la production a atteint 2,1 millions de barils par jour (mbj), contre environ 1 mbj au plus fort des violences.