Nigeria: tensions dans le sud-est, où se tient le "jour de souvenir du Biafra" (sources locales)

Par AFP

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Le sud-est du Nigeria vivait sous tension dimanche alors que cette ancienne région séparatiste commémore "le Biafra", en souvenir de la guerre civile qui a fait plus d'un million de morts à la fin des années 1960, essentiellement de l'ethnie igbo.

Le Mouvement des peuples indigènes du Biafra (Ipob), mouvement séparatiste, a organisé deux jours de célébration, dimanche et lundi, en l'honneur des victimes, dont une procession aux bougies dimanche soir et l'ordre absolu de rester chez soi pendant la journée lundi. "Chaque personne du pays du Biafra est invité à rester à la maison lundi 31 mai", a écrit dans un communiqué Emma Powerful, porte-parole du mouvement, rappelant que tous les marchés, les rues, et les commerces devaient être fermés. "Nous conseillons fortement nos compatriotes de ne pas défier cet ordre, car toute personne vue à l'extérieur pourrait devenir une cible de nos ennemis -les forces de sécurité fédérales- qui ensuite, à leur habitude, viendront nous tenir pour responsables", a-t-elle mis en garde. Les rues d'Owerri, capitale de l'Etat d'Imo, étaient déjà totalement vides dimanche, et personne n'osait quitter son foyer au lendemain d'une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés, qui a fait deux morts parmi l'armée de l'air nigériane. "Plus personne ne sort de chez soi", a rapporté dimanche matin à l'AFP Ajibade Awofeso, un habitant, assurant que des militaires bloquent désormais le carrefour de Poly, "d'où ils tirent des coups de feu sporadiques"."La situation est très grave ici", racontait un autre résident, Mayelope Opeyemi. "Nous vivons dans la peur. Le gouvernement doit venir nous aider à retrouver la paix". La tension était palpable également dans les Etats voisins d'Anambra et d'Ebonyi, où les rues principales de la ville étaient totalement désertes, et quadrillées par des véhicules militaires, selon des témoins. Le sud-est du Nigeria connaît de nouvelles flambées de violence et au moins 127 policiers ou membres des forces de sécurité ont été tués et une vingtaine de postes de police et des bureaux de la commission électorale ont été pris d'assaut depuis le début de l'année, selon un décompte des médias locaux.L'Ipob, le principal groupe séparatiste, dément toute responsabilité de son bras armé l'ESN (Eastern Security Network, Reseau Sécuritaire de l'Est) dans ces attaques devenues hebdomadaires. En mai 1967, des généraux igbo d'une province rebelle, baptisée "la République du Biafra", avaient proclamé son indépendance, déclenchant une guerre civile d'une rare atrocité et une terrible famine, qui a fait plus d'un million de morts. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari, ancien général Haoussa originaire du nord, les velléités indépendantistes se sont réveillées.