Nigeria: trois chrétiens tués près de Jos après un attentat contre une église

Par La rédaction

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LAGOS (AFP) - (AFP)

Des hommes armés ont tué trois chrétiens dimanche soir près de Jos, ville instable du centre du Nigeria, quelques heures après la mort de dix personnes dans un attentat suicide contre une église et les violences qui ont suivi, a indiqué lundi une source officielle.

Par ailleurs, à Kano, la grande métropole du nord du pays en proie à des violences récurrentes attribuées à des islamistes, des hommes armés ont ouvert le feu lundi matin contre un commissariat de police, blessant deux officiers, selon des témoins.

Après l'attaque contre l'église de Jos survenue dimanche soir, les tensions entre musulmans et chrétiens étaient vives dans cette ville située à la rencontre du nord majoritairement musulman et du sud à dominante chrétienne.

Dans un incident qui ne semblait pas lié, trois chrétiens ont été abattus dans un village situé au sud de Jos, alors qu'ils rentraient chez eux.

"Des hommes armés non identifiés ont tué lors d'une embuscade trois personnes (...), tous des chrétiens, dans le village de Chugwi", a déclaré à l'AFP Pam Ayuba, porte-parole du gouvernement de l'Etat du Plateau, dont Jos est la capitale.

"Nous soupçonnons des gardiens de troupeaux d'être les assaillants.Ils ont emporté les téléphones des victimes et ont appelé leurs proches pour leur dire qu'ils étaient responsables des meurtres", a ajouté M. Ayuba depuis le lieu de l'attaque.

Le porte-parole, lui-même originaire de Chugwi, a indiqué que personne n'avait été arrêté.Parmi les trois morts figurent deux frères de 25 et 30 ans.

Selon lui, les assaillants ont également ouvert le feu sur un groupe d'hommes dans le hameau de Dogo Garba, situé dans Chugwi.Trois ont été blessés et emmenés vers un hôpital.

Violences entre chrétiens et musulmans: plus de 3.000 morts en dix ans

Ces assauts sont intervenus quelques heures après un attentat-suicide contre une église de Jos au moment où les fidèles étaient à la messe.

L'explosion provoquée par un ou plusieurs kamikazes - le chiffre varie selon les sources - a tué sept personnes et provoqué la panique et des représailles.Trois personnes ont ensuite trouvé la mort alors que des affrontements entre jeunes ont éclaté et que l'armée a tiré plusieurs fois.

Selon les secouristes et une source gouvernementale, 24 personnes ont été blessées.

L'attaque n'a pas été revendiquée.

Il s'agissait du deuxième attentat-suicide visant une église de Jos en 15 jours, après celui de 26 février qui avait fait 3 morts et des dizaines de blessés.

Les violences entre groupes ethniques chrétiens et musulmans sont régulières à Jos et dans ses environs, et ont fait plus de trois mille morts depuis dix ans selon Human Rights Watch.

Le groupe islamiste Boko Haram avait revendiqué l'attaque du 26 février et avait annoncé que d'autres suivraient.

"Nous avons attaqué simplement parce que c'est une église, et nous pouvons décider d'attaquer n'importe quelle église.Nous ne faisons que commencer", avait alors déclaré un porte-parole présumé du groupe, Abul Qaqa.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a condamné dimanche soir l'attentat-suicide et réaffirmé la détermination de son gouvernement à "mettre un terme à la série d'attaques et de meurtres cruels" qui secouent actuellement le pays, selon un communiqué de ses services.

A Kano, l'attaque de lundi matin a visé le commissariat de Mandawari, déjà visé dans le passé par des membres présumés de Boko Haram.

Le groupe, qui multiplie les opérations meurtrières depuis des mois, a notamment revendiqué une série d'assauts coordonnés le 20 janvier contre plusieurs commissariats de Kano, faisant 185 morts.