Nigeria: trois nouvelles bases militaires attaquées par Boko Haram

Par AFP

AFRICA RADIO

Les jihadistes de Boko Haram ont attaqué trois nouvelles bases militaires dans le nord-est du Nigeria au cours du week-end, soulignant la menace persistante du groupe trois mois avant le scrutin présidentiel, selon des sources civiles et sécuritaires.

Dimanche, des hommes de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont attaqué une base à Metele, un village reculé près de la frontière avec le Niger, où ils ont "délogé" les troupes nigérianes, a affirmé à l'AFP un officier militaire sous couvert d'anonymat.La base a finalement pu être reprise par l'armée grâce à l'arrivée de renforts aériens, mais "nous n'avons toujours pas d'informations sur des pertes humaines ou matérielles", a-t-il précisé.Le même jour, des jihadistes ont également lancé avant l'aube une attaque sur une autre base dans la ville de Gajiram, à 80 km de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno."Les soldats ont combattu les insurgés durant plusieurs heures jusqu'à 05h30 (04h30 GMT)", a déclaré Kulo Gana, un habitant de Monguno, une ville-garnison située à 60 km.Samedi, les insurgés avaient déjà attaqué la ville de Mainok, tuant un soldat et s'emparant d'un camion appartenant à la milice civile engagée avec l'armée contre Boko Haram."Les terroristes ont fait face à une vive résistance de la part des soldats qui les ont combattus pendant une heure, avant de battre en retraite", a déclaré un membre de la milice locale. L'officier militaire a confirmé "la perte d'un soldat lors de cette attaque de Mainok".Les bases de Metele et Gajiram ont déjà été attaquées au cours des six derniers mois, soulignant la menace persistante que représentent les jihadistes dans la région, où le groupe mène une sanglante insurrection ayant fait plus de 27.000 morts depuis 2009.Lundi, ISWAP a revendiqué les attaques de Metele et Mainok, affirmant avoir tué au moins 42 soldats, selon le groupe de veille SITE Intelligence.Le groupe a affirmé avoir tué "plus de 40 soldats" et deux à Mainok, en plus de s'être emparé de plusieurs véhicules militaires et de munitions.Contacté par l'AFP, un porte-parole de l'armée, Texas Chukwu, a au contraire affirmé qu'il n'avait "aucune information" sur ces attaques.ISWAP a intensifié ses attaques contre des positions militaires dans le nord-est ces derniers mois, laissant penser à certains observateurs que les partisans d'une ligne plus dure ont pris le contrôle du commandement du groupe après des dissensions internes.Le président Muhammadu Buhari, élu en 2015 sur la promesse de vaincre Boko Haram, briguera un second mandat lors de la présidentielle de février 2019.