Nigeria: un couvre-feu imposé à Okene après l'attaque d'un temple

8 août 2012 à 13h18 par La rédaction


LAGOS (AFP) - (AFP)

Les autorités ont instauré un couvre-feu nocturne dans la ville d'Okene, dans le centre du Nigeria, où 19 chrétiens ont été tués dans l'attaque d'un temple, ont déclaré mercredi des responsables.

Des hommes armés ont ouvert le feu lors d'un office dans un temple évangélique après y avoir coupé l'électricité, tuant le pasteur et dix-huit fidèles dans la nuit de lundi à mardi.

Mardi, des assaillants ont tiré sur une patrouille militaire dans la principale rue commerçante d'Okene.Deux soldats et deux attaquants sont morts dans l'affrontement, a indiqué le porte-parole de la police de l'Etat de Kogi, Simon Ile.

"Le couvre-feu est imposé dans la totalité de la ville d'Okene, de la tombée du jour jusqu'à l'aube", a déclaré le porte-parole du gouverneur de l'Etat, Jacob Edi.

L'accès à la ville et à Lokoja, la capitale de l'Etat, est interdit aux moto-taxi pendant la nuit, a-t-il précisé à l'AFP ajoutant que la situation dans l'Etat était calme mercredi.

On ignore si les attaques sont liées mais M. Ile "soupçonne" le même groupe responsable des deux incidents, sans préciser quel groupe était soupçonné.

Le mouvement islamiste Boko Haram s'est lancé dans une campagne violente en 2009 ciblant surtout les forces de polices et les lieux de culte chrétiens.

Depuis 2010, Boko Haram a causé la mort de plus de 1.400 personnes dans des attentats frappant le nord et le centre du Nigeria, selon un nouveau bilan de Human Rights Watch publié mercredi.

Washington a annoncé le 21 juin avoir placé sur leur liste anti-terroriste trois dirigeants de Boko Haram, dont Abubakar Shekau, même si l'organisation n'a pas fait en tant que telle son apparition sur la liste américaine.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est attendue jeudi à Abuja.

Pays le plus peuplé et premier producteur de brut d'Afrique, le Nigeria est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.

En juin, le président Jonathan avait accusé Boko Haram de viser les églises pour provoquer une crise et déstabiliser le gouvernement.