Nigeria: Un mouvement de grève suspendu après ouverture du gouvernement

Par La rédaction

LAGOS (AFP)

Le mouvement syndical nigérian a mis fin mercredi une grève nationale de trois jours entamée dans la matinée et prévue pour durer trois jours, après avoir obtenu du gouvernement l'attention qu'ils réclamaient à leurs revendications.

Cette grève, déclenchée en dépit des efforts de dernière minute du Président Goodluck Jonathan pour l'empêcher, avait entraîné la fermeture des administrations gouvernementales et des services publics.

Les deux principaux syndicats, après des discussions en urgence, ont déclaré qu'ils avaient "résolu de suspendre la grève d'avertissement de trois jours étant donné l'attention que le problème avait attiré de plusieurs organes gouvernementaux".

Les syndicats avaient lancé la grève pour obtenir un salaire minimum national.

Mercredi les écoles publiques sont restées fermées, les bus des transports publics à Lagos étaient immobilisés.Seuls circulaient les mini-bus et motos utilisés comme taxis privés, avec une circulation à peine moins dense qu'à l'ordinaire et des stations service ouvertes.

Dans plusieurs villes, les banques et les administrations ont gardé portes closes.Dans la capitale administrative Abuja, les services du gouvernement fédéral étaient à l'arrêt.

Alors que les marchés de fruits et légumes étaient ouverts, les grands magasins sont restés fermés, a indiqué à l'AFP Denja Yaqub secrétaire général adjoint du Labour Congress (NLC)."Tous les fonctionnaires ont cessé de travailler, les banques ne fonctionnent pas, les grands magasins non plus...c'est particulièrement le cas ici à Abuja", a-t-il déclaré.

Un militant syndical tentant d'empêcher des passagers de monter à bord d'un avion à l'aéroport de Benin City, dans le sud du pays, a été blessé par balle par un policier, ont affirmé des dirigeants syndicaux.

Le porte-parole de la police dans cette localité, a juste confirmé l'incident en parlant de "l'incident avec blessure causé à un militant syndical par un homme portant un uniforme de policier".

Le chef de l'Etat Goodluck Jonathan avait annulé sa visite officielle à Lagos pour rencontrer mardi soir à Abuja les responsables des deux principaux syndicats du pays, le Labour Congress (NLC, centrale ouvrière) et le Trade Union Congress (TUC, cadres).

A l'issue de cette rencontre de près de trois heures, le dirigeant du NLC, Promise Adewusi, avait annoncé le maintien de la grève.

Les syndicats réclamaient une hausse du salaire minium qui stagne à 7.500 nairas (50 dollars) depuis dix ans, malgré une inflation toujours en hausse à deux chiffres.

Après des mois de négociations, ils ont accepté une hausse de 240% à 18.000 nairas (120 dollars) à laquelle le gouvernement tarde à donner son aval depuis trois mois.

Le NLC avait prévenu que la centrale avec 42 syndicats affiliés et quelque cinq millions de membres pourrait déclencher une grève illimitée si les autorités ne donnaient pas une réponse rapide à leurs revendications.