Nigeria: une nouvelle explosion blesse huit policiers dans le nord du pays

Par La rédaction

KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

Un attentat à la bombe, attribué aux extrémistes islamistes, a blessé vendredi huit policiers qui patrouillaient dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, a indiqué l'armée qui est accusée d'avoir tué des civils au cours d'une fusillade.

"La bombe était enterrée et a explosé lorsque le fourgon de police a roulé dessus, blessant huit policiers", a déclaré le colonel Victor Ebhaleme, commandant des forces de police militaire à Maiduguri.

"Selon les indices, cet attentat à la bombe est le fait des membres de la secte Boko Haram, qui ont déjà pratiqué de telles attaques", a-t-il ajouté.

Selon un membre des services de secours, il y a eu des échanges de coups de feu avec les militaires et des civils auraient été tués lors de la fusillade, a-t-il indiqué sans plus de précision.

"La situation est effrayante" à Maiduguri, a précisé cette même source, sous couvert d'anonymat, ajoutant: "C'est terrible.Tout le monde craint pour sa vie".

Ces dernières semaines, la ville a été frappée quotidiennement par des explosions et des tirs attribués à la secte islamiste Boko Haram, qui en 2009 avait mené une insurrection violemment réprimée par l'armée.

La secte avait revendiqué des attaques meurtrières dans plusieurs marchés situés dans des casernes.

Le mois dernier, elle a également revendiqué un attentat à la bombe contre le siège de la police nationale à Abuja, affirmant que c'était une réponse aux déclarations du chef de la police, Hafiz Ringim, qui annonçait la fin prochaine de la secte.

Des centaines de soldats ont été déployés récemment à Maiduguri pour combattre les islamistes.Les soldats ont été accusés d'avoir tiré sur des civils et d'avoir brûlé les maisons d'habitants qu'ils soupçonnaient d'avoir des liens avec les islamistes.

Ces accusations sont niées par l'armée qui accuse les islamistes d'avoir avec leurs explosifs provoqué des incendies.

Mercredi, les islamistes avaient menacé de mener de nouvelles attaques contre des casernes de l'armée dans un communiqué signé par Abu Zaid, identifié comme étant le porte-parole de la secte islamiste Boko Haram.Ce document a été adressé anonymement aux journalistes, sans qu'il soit possible de vérifier son authenticité.

La secte Boko Haram souhaite l'établissement d'un Etat islamique au Nigeria, un pays de 150 millions d'habitants dont une moitié sont des chrétiens et l'autre des musulmans.

Des milliers d'habitants ont quitté la ville de Maiduguri, fuyant les violences entre les islamistes et les soldats.

Un groupe de notables de la ville a appelé au départ des troupes affirmant que depuis leur déploiement la situation n'avait fait qu'empirer.