Obama est en route pour l'Afrique du Sud

Par La rédaction

Pretoria (AFP)

En route pour l'Afrique du Sud, le président américain Barack Obama a exclu toute rencontre médiatisée avec Nelson Mandela toujours dans un état critique, sauf si la famille de l'ancien président sud-africain en décidait autrement.

Selon le gouvernement sud-africain, il n'est pas prévu que Barack Obama rende visite au héros national, la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane ayant sobrement expliqué que l'ancien président, âgé de 94 ans, était "souffrant".

L'ex-épouse du prix Nobel de la paix 1993 Winnie Madikizela-Mandela s'est montrée rassurante vendredi.

"Je ne suis pas ici pour répondre aux questions médicales.Par rapport à comment il était il y a quelques jours, il y a une grande amélioration, même si cliniquement il ne va toujours pas bien", a-t-elle déclaré lors d'un point de presse improvisé à Soweto, près de leur ancien domicile.Aux journalistes, elle a aussi demandé de ne pas parler de Nelson Mandela au passé.

"Nous verrons quelle sera la situation lorsque nous atterrirons" a déclaré Barack Obama à bord d'Air Force One."Je n'ai pas besoin d'une photo avec lui.La dernière chose que je veux faire, c'est être indiscret à un moment où la famille est inquiète", 

Le conseiller adjoint à la sécurité américain, Ben Rhodes, avait indiqué à la presse il y a quelques jours que M. Obama s'en remettrait à la volonté de la famille.

L'avion du président Obama est attendu en Afrique du Sud dans la soirée, mais son programme officiel n'y commence que samedi.

A quelques heures de son arrivée, des anonymes venaient toujours exprimer leur affection devant le Mediclinic Heart Hospital de Pretoria où est soigné l'icône de la lutte anti-apartheid, priant, apportant des petits mots, des photos, des ballons et des bougies mais aussi regarder avec intérêt les envoyés spéciaux parlant en direct à la télévision.

Quelques dizaines de personnes étaient présentes en fin d'après-midi, bien moins nombreuses que les journalistes.L'ANC -- le parti au pouvoir -- a laissé ses drapeaux et ses affiches électorales après le passage du Premier ministre de l'Etat libre (centre).

"J'ai pensé que je devais venir voir ce qui se passe et aussi mettre mon message de voeu sur le mur (de l'hôpital).Il est celui qui nous a appris le pardon, il est notre héros et notre père, il nous a appris à être unis", a témoigné Sikelela Dube, un étudiant de 23 ans de Pretoria.

Un journaliste a par ailleurs été arrêté pour avoir fait voler au-dessus de l'hôpital une caméra montée sur un hélicoptère miniature télécommandé.

Dès le début de sa tournée africaine, M. Obama avait rendu un hommage vibrant, jeudi à Dakar, à celui qui a été - tout comme lui - le premier président noir de son pays et prix Nobel de la Paix.

Mandela "est un héros pour le monde", a déclaré Barack Obama lors d'une conférence de presse."Quand il quittera cette terre (...), nous savons tous, je pense, que son héritage vivra à travers les âges."

L'héritage de Mandela au premier plan

En Afrique du Sud, "le président va parler de l'héritage de Nelson Mandela, et cela va occuper une grande part de notre temps en Afrique du Sud", a déclaré le conseiller adjoint à la sécurité américain Ben Rhodes.

Barack Obama doit rencontrer son homologue Jacob Zuma à Pretoria et visiter la célèbre township de Soweto samedi, avant de se rendre au Cap dimanche. 

Le président américain doit se recueillir à l'île-bagne de Robben Island, où Mandela a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles de l'apartheid.Il s'agit d'une nouvelle étape symbolique pour le président américain, qui a déjà fait une halte remarquée jeudi sur l'île de Gorée, grand lieu de mémoire de la traite des Noirs au large de Dakar.

C'est à Robben Island, en cassant des cailloux dans une carrière, que Mandela a durablement abîmé ses poumons. 

Des militants pro-Palestiniens, des opposants à l'usage de drones par l'armée américaine, des militants du parti communiste sud-africain et des syndicalistes doivent manifester au cours la visite du président américain. 

Une cinquantaine d'étudiants musulmans se sont rassemblés dès vendredi après-midi devant l'ambassade américaine --non loin de l'hôpital où est soigné Nelson Mandela--, pour une prière de protestation. 

"Nous sommes ici pour protester contre la venue de M. Barack Hussein Obama.En tant qu'individus épris de liberté, nous n'avons pas de problème avec M. Barack Obama, mais nous avons un problème avec le président Barack Hussein Obama" et la "politique étrangère brutale" de son gouvernement, a expliqué l'imam Syed Sayeed.

Ils ont été rejoints par quelques dizaines de militants de la Cosatu, la grande confédération syndicale proche du pouvoir sud-africain, criant "l'impérialisme américain ça suffit, le capitalisme ça suffit".

Nombre d'entre eux portaient des tee-shirts où était écrit "Non, Obama, vous ne pouvez pas emprisonner sans procès", en référence à la prison de Guantanamo.

Le pays s'était préparé au pire jeudi, après l'annulation d'un voyage de Jacob Zuma au Mozambique à l'issue d'une visite à l'hôpital.Mais la présidence avait ensuite fait savoir que Mandela allait mieux."Son état reste critique, mais s'est stabilisé", avait-elle indiqué.

L'état de santé de Nelson Mandela, hospitalisé depuis le 8 juin pour une nouvelle récidive d'une pulmonaire, s'était aggravé durant le week-end.Il est sous assistance respiratoire, selon un chef traditionnel qui lui a rendu visite mercredi. 

La présidence n'avait pas de donné de nouvelles fraîches vendredi en fin après-midi.