ONG en Egypte: les juges décident de se retirer du procès

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Les juges chargés de l'affaire d'une quarantaine de membres d'ONG, dont des Américains, accusés de financement et d'activités illicites, ont décidé de se retirer du procès au Caire, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Les juges n'ont pas expliqué les raisons de leur retrait de ce procès, ouvert dimanche avant d'être ajourné au 26 avril.Dans ce genre de situation, il revient à la Cour d'appel de nommer de nouveaux juges.

Selon l'agence officielle égyptienne Mena, le président de la Cour Mohammed Choukry a envoyé une lettre à son homologue de la Cour d'appel pour l'informer qu'il avait décidé, ainsi que ses deux assesseurs, de se retirer de cette affaire.

Hafez Abou Saada, un avocat défendant trois prévenus dans ce procès, a estimé que le désistement des juges s'explique par un conflit d'intérêt ou par des pressions.

"Peut être qu'une des parties dans le procès a une relation avec un des juges ou que ce juge se sent sous pression des médias ou de l'opinion, ce qui l'empêcherait de rendre un jugement équitable", a dit cet avocat à l'AFP.

Quarante-trois employés égyptiens et étrangers, notamment américains, d'ONG présentes en Egypte sont accusés d'avoir reçu des financements étrangers illégaux et d'ingérence dans les affaires politiques du pays.

Leur procès qui provoque de vives tensions avec les Etats-Unis et suscite des questions sur l'orientation de l'Egypte post-Moubarak a été suspendu dimanche après environ une heure d'audience.

Quatorze prévenus, tous Egyptiens, se sont présentés au tribunal pour réfuter les accusations "d'atteinte à la souveraineté de l'Etat" avancées par le parquet.Ils ont été laissés en liberté jusqu'à la prochaine audience.

Seuls sept des 19 Américains inculpés sont présents en Egypte, selon le responsable d'une ONG américaine, les autres ayant quitté le pays avant que l'interdiction de sortie du territoire ne soit prononcée.

Certains, comme Sam LaHood, responsable de la section Egypte de l'International Republican Institute (IRI) et fils du ministre américain des Transports Ray LaHood, se sont réfugiés à l'ambassade des Etats-Unis.

Outre les Américains et les Egyptiens, il y a parmi les prévenus des Serbes, des Norvégiens, des Allemands, des Palestiniens et des Jordaniens, selon la justice égyptienne.

Mardi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a assuré que l'Egypte et les Etats-Unis "approchaient d'une solution" dans la crise sur les poursuites contre ces membres d'ONG, assurant espérer "très vite" une résolution de l'affaire.

"Nous menons des discussions très intenses avec le gouvernement égyptien pour trouver une solution" à ce dossier, a ajouté la chef de la diplomatie américaine lors d'une audition devant le Congrès américain.

Mme Clinton a toutefois refusé de donner plus de détails sur la teneur des discussions menées avec les autorités du Caire."Nous avons eu beaucoup de conversations intenses et je pense que nous approchons d'une solution", a-t-elle ajouté.

Fin décembre, les locaux de 17 ONG spécialisées dans le soutien à la société civile ont été perquisitionnés.Les organisations, dont certaines ont formé des candidats à faire campagne et d'autres, des observateurs pour les scrutins, ont été accusées d'ingérence "politique".