Otages au Burkina: les deux commandos tués étaient en mission "contre le terrorisme" (chef d'état-major)

14 mai 2019 à 5h18 par AFP

AFRICA RADIO

Les deux soldats des forces spéciales tués lors de la libération de deux otages français au Burkina Faso étaient en mission pour combattre "l'ennemi" jihadiste, pas seulement pour sauver des vies humaines, a déclaré mardi le chef d'état-major des armées françaises.

"La mission de ces militaires d'élite c'est de combattre l'ennemi terroriste, c'est pas spécifiquement d'aller libérer des otages", a souligné le général François Lecointre sur la radio RTL"La réalité c'est qu'ils exposent leur vie tous les jours pour aller au combat contre un ennemi qui, s'il gagne la guerre que nous sommes en train de mener contre lui, menacera beaucoup plus que la vie de deux otages", a-t-il ajouté."Cette action d'éclat a été conduite, au-delà du fait qu'il fallait sauver deux hommes, parce que nous sommes dans un combat, dans une guerre contre un ennemi qui est implacable et qui nous veut un mal considérable".Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai et leur guide Fiacre Gbédji abattu, lors d'un safari dans le nord du Bénin, une zone déconseillée par le ministère des Affaires étrangères.Les deux commandos marine Cédric de Pierrepont, 33 ans, et Alain Bertoncello, 28 ans, ont été tués lors d'une opération menée pour les libérer au Burkina voisin dans la nuit du 9 au 10 mai. Un hommage national leur sera rendu mardi matin aux Invalides, à Paris, en présence du chef de l'Etat Emmanuel Macron.Un début de polémique a depuis surgi sur l'opportunité de mettre des vies de militaires en danger pour aller libérer des touristes ayant pris des "risques majeurs" selon les mots même du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian."Je ne veux pas porter de jugement. C'était pas la question. La question c'était de combattre les terroristes", a estimé pour sa part le général Lecointre."Là en l'occurrence, il se trouve qu'en combattant cet ennemi, la meilleure façon de l'atteindre c'était d'aller le priver de la ressource que représentent pour cet ennemi des otages, exactement comme une opération qui consisterait dans le cadre d'un affrontement militaire à aller attaquer les flux logisitiques d'un ennemi", a-t-il poursuivi.Selon lui, "le but principal au moins équivalent à celui qui consiste à sauver des vies humaines c'est bien le message adressé à ces terroristes et le fait qu'on les prive d'une capacité logistique, d'une capacité de se doter de moyens nouveaux".