Otages au Mali: les derniers touristes étrangers évacués de Tombouctou

26 novembre 2011 à 16h36 par La rédaction

HOMBORI (Mali) (AFP) - (AFP)

Les derniers touristes européens ont été évacués samedi de Tombouctou (nord du Mali) au lendemain de la mort de l'un d'entre eux tué par des hommes armés qui en ont enlevé trois autres, portant à cinq le nombre de personnes prises en otages en moins de 48 heures au Mali.

Dans le même temps, l'armée française a renforcé sa présence dans la région pour retrouver la trace de deux de ces otages, des Français enlevés jeudi à Hombori, localité située entre Mopti et Gao.

Une vingtaine de touristes étrangers ont été évacués de Tombouctou, vers Mopti au sud de cette ville et vers la capitale Bamako (sud du pays).

 "Je ne suis pas trop content de partir, mais obligé", a déclaré à la presse locale un Néerlandais avant son départ."Je garde un bon souvenir de la ville, mais il faut partir.Au revoir et à bientôt peut-être", a-t-il ajouté.

La ville historique de Tombouctou, "perle du désert" et ancien haut lieu du tourisme au Mali, était déjà très affectée par la présence dans le nord de la branche maghrébine d'Al-Qaïda, soupçonnée d'être à l'origine du meurtre et des enlèvements de vendredi.

Elle est classée dans la zone à risques où il est fortement déconseillé de se rendre par la plupart des chancelleries occidentales.

La France a étendu samedi sa "zone rouge" au Mali qu'elle déconseille "formellement" aux voyageurs.La carte du pays, visible sur le site du ministère des Affaires étrangères, montre qu'elle a été étendue vers le sud jusqu'aux environs de Mopti.Jusqu'alors, elle s'arrêtait au sud aux villes de Gao et de Tombouctou, qui en faisaient partie.

Le départ des quelques derniers étrangers qui avaient osé braver ces avis, signifie la mort du tourisme dans cette ville et porte un coup fatal Mali, pays pauvre dont l'économie était déjà fortement éprouvée par les activités des groupes armés sur son sol.

Hélicoptères français

Vendredi en début d'après-midi, un Allemand y a été tué à Tombouctou d'une balle dans la tête alors qu'il résistait à son enlèvement par des hommes armés qui ont kidnappé trois autres touristes se trouvant avec lui, un Suédois, un Néerlandais et un Britannique ayant aussi la nationalité sud-africaine.

La veille, deux Français présentés comme des géologues travaillant pour une entreprise malienne, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, avaient été enlevés à leur hôtel d'Hombori en pleine nuit.

Au total, neuf Européens dont six Français sont désormais retenus en otage dans le Sahel.Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui n'a pas revendiqué les derniers enlèvements, avait kidnappé quatre Français en septembre 2010 à Arlit (nord du Niger), sur un site d'extration d'uranium d'Areva.

Cinq hélicoptères de l'armée française ont atterri samedi matin à Gao pour participer avec l'armée malienne aux recherches de MM.Verdon et Lazarevic.Des soldats français, dont le nombre n'a pas été précisé, sont également arrivés en renfort à Gao.

Vendredi, un journaliste de l'AFP avait déjà vu des dizaines de ces soldats dans la région d'Hombori, située à 240 km au sud-ouest de Gao.

Les accords bilatéraux avec le Mali, la Mauritanie, le Niger ou le Burkina Faso permettent à la France de disposer de facilités pour intervenir rapidement dans la zone où opèrent les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le nord du Mali abrite des bases d'Aqmi d'où le groupe part commettre au Mali et dans d'autres pays du Sahel (Niger, Mauritanie et Algérie) des attentats, procède à des enlèvements d'Occidentaux et se livre à divers trafics.

Fait exceptionnel, le gouvernement malien a vigoureusement réagi aux derniers enlèvements et au meurtre du touriste allemand, en dénoncant une "action terroriste" considérée comme "une attaque perpétrée contre la sécurité et la stabilité de notre pays".

Les événements de ces derniers jours illustrent cependant l'échec de la coopération militaire régionale pour contrer les activités d'Aqmi.