Otages au Sahel: des émissaires sur place pour "accélérer" les négociations

Par La rédaction

Gao (Mali) (AFP)

Des émissaires se trouvaient jeudi dans le Sahel pour "accélérer les négociations" en vue d'obtenir la libération d'otages français dans la région, a appris l'AFP de sources sécuritaires régionales depuis Gao dans le nord du Mali. 

Selon une source sécuritaire nigérienne, parmi les émissaires figurent Jean-Marc Gadoullet, un ancien colonel de l'armée française qui est déjà intervenu comme intermédiaire pour tenter d'obtenir la libération des otages français, ainsi que Mohamed Akotey, ancien ministre nigérien et actuel président du Conseil d'administration (CA) d'Imouraren SA, une filiale locale du groupe français Areva.

"Rien n'est encore fait, mais je peux vous dire que le colonel Gadoullet et le président du CA (d'Imouraren SA) sont sur le terrain pour accélérer les négociations en vue de la libération des otages français", a déclaré cette source.

Une source sécuritaire malienne a confirmé l'information, affirmant: "nous sommes au courant, ils (Gadoullet et Akotey) sont sur le terrain pour obtenir la libération des otages français".

Ces sources n'ont donné aucune autre précision.

Le 19 septembre à Bamako, le président français François Hollande avait affirmé s'être entretenu  avec des dirigeants du Sahel à propos des otages, en vue de rechercher "les meilleurs contacts" pour "les retrouver".

Six otages français sont détenus dans le Sahel par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda, dont quatre depuis plus de trois ans.

Le 16 septembre 2010, Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret ont été enlevés à Arlit (nord du Niger), site d'extraction d'uranium d'Areva.Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué ces enlèvements.

Le 16 septembre dernier, l'agence d'information mauritanienne ANI avait affirmé détenir une vidéo de sept occidentaux enlevés par Aqmi, dont les quatre Français enlevés à Arlit.Datée du 27 juin 2013, elle montrait des otages "en bonne santé", selon ANI.

Trois autres otages enlevés au même moment - Françoise Larribe, l'épouse de Daniel, ainsi qu'un Togolais et un Malgache - ont été libérés en février 2011.

Le 24 novembre 2011, Serge Lazarevic et Philippe Verdon ont été enlevés à Hombori (nord-est du Mali), enlèvements également revendiqués par Aqmi.

Le 19 mars 2013, Aqmi avait annoncé que Philippe Verdon, âgé de 53 ans, avait été exécuté, ce qu'a confirmé François Hollande le 15 juillet.

Le 20 novembre 2012 enfin, un Français de 61 ans, Gilberto Rodriguez Leal, a été enlevé par des hommes armés près de Kayes (ouest du Mali), rapt revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Le Mujao et Aqmi sont les deux principaux groupes armés ayant occupé le nord du Mali en 2012, où ils ont commis de nombreuses exactions, avant d'en être en partie chassés par une intervention militaire internationale initiée par la France en janvier et toujours en cours.