Ouganda: deux candidats d'opposition rejettent les résultats de la présidentielle

21 février 2011 à 10h34 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Deux nouveaux candidats de l'opposition ougandaise ont rejeté lundi les résultats de l'élection présidentielle en Ouganda, qui a vu la large victoire dès le premier tour du chef de l'Etat sortant Yoweri Museveni.

Olara Otunnu, président de l'UPC (Congrès du peuple ougandais) et ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, a "complètement rejeté" le scrutin.

"Ils peuvent annoncer tous les résultats qu'ils veulent, cela ne fait aucune différence pour nous", a déclaré à la presse M. Otunnu, crédité de 1,6% des voix, et qui n'est même pas allé voter vendredi.

Candidat indépendant de l'opposition, Samuel Lubega, arrivé en dernière position avec moins de 1% des votes, a lui aussi rejeté l'élection, qu'il a qualifiée de "parodie".

"C'était une perte de temps pour le peuple", a-t-il estimé, attribuant la large victoire de Museveni à "une tricherie et une intimidation massives".

MM.Otunnu et Lubega ont annoncé leur intention de lancer une "initiative conjointe" pour contester les résultats.

Le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été largement réélu vendredi pour un mandat de cinq ans avec 68,38% des suffrages, face à son principal rival et leader de l'opposition Kizza Besigye (26,01%), selon les résultats proclamés dimanche par la Commission électorale.

M. Besigye a "rejeté catégoriquement" ces résultats et a annoncé son intention de lancer des consultations "pour déterminer comment mettre fin au gouvernement illégitime qui pourrait être installé".

Le régime, et la police en particulier, ont clairement mis en garde l'opposition contre toute manifestation de rue.

M. Otunnu "s'est dit consterné" par les conclusions des observateurs étrangers à ces élections, notamment ceux de l'Union européenne et du Commonwealth.

Ces deux missions d'observation ont dénoncé des "lacunes" dans l'organisation du scrutin et son caractère inéquitable en raison des fonds mobilisés par le parti au pouvoir, constatant cependant des "améliorations" par rapport à la présidentielle de 2006.

Ces observateurs électoraux ont naïvement avalisé les résultats du scrutin et ont ignoré la stratégie sur le long-terme de Museveni pour "truquer" les élections, a accusé M. Otunnu, "juste parce que la journée du 18 février (jour du vote) s'est déroulée dans le calme".

Dimanche, M. Besigye avait qualifié de "touristes des élections" les observateurs étrangers, les accusant de passer leur temps dans les "hôtels de luxe" au lieu d'enquêter sur le terrain.