Ouganda: deux journalistes tués en moins d'une semaine

16 septembre 2010 à 8h31 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Un journaliste a été battu à mort par des inconnus en Ouganda, pour des raisons que ses proches soupçonnaient jeudi être politiques, le deuxième meurtre de journaliste en moins d'une semaine dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Dickson Ssentongo a été tué à coups de barres de fer par des inconnus qui l'ont suivi après qu'il eût quitté tôt mercredi matin les locaux de sa radio, où il venait de présenter les informations dans la ville de Kireka (centre de l'Ouganda), a indiqué jeudi la police locale.

M. Ssentongo, 29 ans, travaillait pour une radio pentecôtiste, Prime Radio, et il militait au sein d'un parti d'opposition, le Parti démocratique, pour lequel il était candidat à une élection locale.

La police refuse d'établir à ce stade un lien entre le meurtre du journaliste et ses activités politiques, mais pour le porte-parole du parti, Kenneth Kakande, interrogé par l'AFP, "ce ne peut pas être une coïncidence, et quelqu'un doit être derrière" ce crime.

Dickson Ssentongo "était un passionné de politique", il exprimait souvent ses vues sur les ondes de la radio et "nous craignions qu'il soit mort pour ce qu'il aimait", a déclaré le rédacteur en chef de Prime Radio, Katongole Kiwanuka, cité par le Comité de protection des journalistes.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), organisation basée à New York, a appelé les autorités ougandaises "à faire tout leur possible pour s'assurer que les criminels soient jugés, particulièrement en cette période pré-électorale sensible".

Des élections présidentielle et législatives sont prévues en février prochain en Ouganda, dirigé depuis 1986 par Yoweri Museveni, qui sera candidat à un quatrième mandat présidentiel l'an prochain.

Un autre journaliste, Joseph Kiggundu, a été battu à mort samedi dernier, cette fois-ci dans le sud du pays, par un groupe de coursiers qui lui reprochaient de couvrir un règlement de comptes dans lequel ils étaient impliqués.