Ouganda: le chef de l'opposition empêché de sortir de chez lui par la police

19 mai 2011 à 8h50 par La rédaction

AFRICA RADIO
KAMPALA (AFP)

Le leader de l'opposition ougandaise Kizza Besigye a été empêché jeudi par la police de sortir de son domicile, dans la périphérie de Kampala, alors qu'il se préparait de nouveau à aller manifester contre la vie chère, a constaté un correspondant de l'AFP.

La voiture de M. Besigye a été stoppée par la police à la sortie de son domicile.

"Il m'ont dit que j'étais en détention préventive, que je pouvais rentrer chez moi ou sinon je serais amené au commissariat", a déclaré M. Besigye.

En tentant de quitter sa maison à bord de son véhicule, M. Besigye a expliqué qu'il testait ainsi la police.

"Je crois que nous allons tenter d'obtenir (de la justice) une injonction pour que ces gens (les policiers) s'en aillent", a-t-il poursuivi.

M. Besigye "n'est pas assigné à résidence", a affirmé pour sa part une porte-parole de la police, Judith Nabakooba.

"Il est libre.Nous voulions simplement lui montrer que nous étions informés de ses plans et que cela mènerait à des actes criminels", a expliqué à l'AFP Mme Nabakooba.

Candidat malheureux à l'élection présidentielle de février face au chef de l'Etat sortant Yoweri Museveni (au pouvoir depuis 1986), M. Besigye est à la tête d'un mouvement contre la vie chère mené depuis avril à l'initiative de l'opposition.

Interpellé à chaque fois --parfois violemment-- qu'il tentait de manifester, l'opposant est sous le coup de plusieurs inculpations par la justice ougandaise, dont rassemblement illégal et incitation à la violence.

Les forces de sécurité ont sévèrement réprimé cette contestation contre la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, avec au moins neuf tués selon l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Les manifestations étant interdites par le pouvoir, M. Besigye a appelé depuis la mi-avril les Ougandais, avec d'autres responsables de l'opposition, à se rendre au travail à pied pour manifester leur mécontentement.