Ouganda: un mort dans des heurts entre police et opposition trois jours avant la présidentielle

Par La rédaction

Kampala (AFP)

Au moins une personne est morte lundi dans de violents heurts entre opposition et forces de l'ordre, qui ont lancé des gaz lacrymogènes et brièvement arrêté Kizza Besigye, l'un des principaux candidats à l'élection présidentielle de jeudi en Ouganda.

"La police peut confirmer qu'un personne est morte pendant la confusion aujourd'hui", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police de Kampala,  Patrick Onyango, sans donner plus de détails.

Des figures de l'opposition assurent de leur côté que trois personnes ont été abattues lors de ces affrontements entre leurs partisans et la police, qui ont éclaté alors que le candidat Kizza Besigye battait campagne à Kampala.

Le chef du Forum pour le Changement démocratique (FDC) a été emmené dans un poste de police puis très rapidement relâché.

"Kizza Besigye n'est pas placé en état d'arrestation", a annoncé sur son compte Twitter Patrick Onyango, un porte-parole de la police ougandaise, après cette brève interpellation.

"Il y avait énormément de gaz lacrymogène", a affirmé un sympathisant du FDC, Swaibu Mugalu,  32 ans, en assurant que la police était intervenue pour empêcher M. Besigye de tenir son meeting politique dans le centre de Kampala.

"Nous protestons dans les termes les plus forts contre cette brutalité policière à l'égard de nos militants et de notre candidat", a déclaré à l'AFP Ibrahim Semujju Nganda, le porte-parole du parti de M. Besigye.

Le FDC avait initialement l'intention de tenir lundi une réunion électorale dans un stade de football.Mais "la police nous a bloqués.Cela ne nous a pas laissé d'autre choix que de nous adresser aux électeurs dans les rues", a affirmé Ibrahim Semujju Nganda.

"Besigye et ses partisans ont défié les directives de la police concernant la manière dont ils sont autorisés à se déplacer en ville.Cela a contraint la police à utiliser le minimum de force pour maîtriser une foule belliqueuse", a pour sa part fait valoir un porte-parole de la police, Fred Enanga.

Le ministre en charge de la Présidence, Frank Tumwebaze, a qualifié de "folie" la tentative de M. Besigye de défier les consignes de la police.Il a accusé l'opposant de "chercher de la publicité (...) parce qu'il sent qu'il court à la défaite".

M. Besigye, de son côté, a appelé ses partisans "au calme"."Restons fermes et respectueux de la loi.Nous devons faire valoir nos droits", a-t-il ajouté, selon le quotidien d'Etat New Vision.

Opposant historique au président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et candidat à un cinquième mandat, Kizza Besigye est l'un des principaux rivaux du chef de l'état pour la présidentielle, avec l'ex-Premier ministre Amama Mbabazi, ancien cacique du pouvoir.

Ancien médecin personnel de M. Museveni dans le maquis, quand celui-ci dirigeait l'Armée de résistance nationale (NRA), Kizza Besigye était devenu chef de l'opposition en 2001.

Il avait affirmé par le passé qu'il ne se présenterait plus après ses défaites en 2001, 2006 et 2011, affirmant qu'un scrutin libre et équitable était impossible en Ouganda.Il a régulièrement été arrêté dans le cadre de ses activités politiques - plus de 40 fois depuis 2000, à ses dires - et souvent relâché au bout de quelques heures.

L'opposition n'a pas réussi à s'accorder sur une candidature unique.Sept candidats affronteront donc jeudi le président sortant, qui sera le grand favori de cette élection, en s'appuyant sur la machine électorale de son parti.