Parly au Mali pour soutenir les forces armées face aux jihadistes

2 novembre 2020 à 19h12 par AFP

AFRICA RADIO

Une démonstration de soutien et l'annonce d'une victoire militaire: la ministre française des Armées était à Bamako lundi, où elle a réitéré le soutien de Paris aux forces maliennes face aux jihadistes et annoncé la mort de plus de cinquante d'entre eux dans une opération.

Lors de sa première rencontre avec les autorités de transition maliennes, Florence Parly a fait état de frappes vendredi sur une colonne de jihadistes liés à Al-Qaïda."Le 30 octobre au Mali, la force Barkhane a conduit une opération qui a permis de neutraliser plus de 50 jihadistes, confisquant également des armes et du matériel", a-t-elle déclaré. "Cette action d'opportunité porte un coup significatif à un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda, une katiba (unité combattante, ndlr) d'Ansarul Islam (...), près de la frontière avec le Burkina Faso".Fondé par le Burkinabè Malam Dicko, le groupe Ansarul Islam a revendiqué de nombreuses attaques contre l'armée burkinabè. Les Etats-Unis l'ont placé sur leur liste noire "terroriste" début 2018."Alors que les autorités de transition malienne ont réaffirmé leur engagement dans la lutte contre le terrorisme, ce succès tactique nous montre une fois de plus que les groupes terroristes ne peuvent pas agir impunément face à nos forces", a ajouté Mme Parly.Selon elle, l'armée française a pu repérer par ses drones une importante colonne de combattants à moto. "Ces motos se sont ensuite groupées et dissimulées sous les arbres. Nous avions deux Mirage dans la zone, Barkhane a immédiatement déclenché l'opération et a lancé une frappe".Mme Parly effectuait sa première visite auprès des autorités maliennes, mises en place par les militaires après leur coup d'Etat du 18 août. Ces autorités se sont engagées à céder la place à des civils élus au bout de 18 mois. La semaine passée, c'était le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian qui avait effectué le déplacement.La France déploie quelque 5.100 soldats au sein de l'opération Barkhane.- "Nous ne resterons pas éternellement" -"J'ai réaffirmé notre engagement à appuyer la montée en puissance des forces armées maliennes. La France, avec ses partenaires internationaux, poursuivra son aide et ses activités de conseil", a dit Mme Parly à l'occasion d'entretiens avec son homologue malien, le colonel Sadio Camara."La France et l'opération Barkhane ne poursuivent pas d'objectif caché au Mali. Nous ne resterons pas éternellement", a-t-elle encore souligné.Elle a cependant ajouté que la lutte contre les jihadistes ne pouvait "être menée efficacement que dans le respect de tous les droits, y compris les droits de l'Homme", référence aux accusations qui pèsent sur les forces maliennes et sahéliennes, accusées d'exactions contre les populations civiles.Plus tôt dans la journée, Mme Parly s'était rendue au Niger pour s'entretenir avec son homologue Issoufou Katambé ainsi que le président Mahamadou Issoufou.A Bamako, Mme Parly a été reçue par le colonel Assimi Goïta qui, à la tête de la junte dans les semaines ayant suivi le putsch, garde un poste clé avec la vice-présidence dans la transition. Elle devait s'entretenir plus tard avec le président de transition, Bah Ndaw.Les violences jihadistes se poursuivent dans le nord et le centre du Mali et se sont étendues aux pays voisins. Elles se doublent de violences intercommunautaires. Les nouveaux maîtres de Bamako ont affirmé leur volonté de poursuivre le combat contre les jihadistes. La récente libération de quatre otages, la Française Sophie Pétronin, deux Italiens et une haute personnalité politique malienne, en échange de 200 détenus réclamés par les jihadistes, a toutefois relancé les spéculations sur l'ouverture d'un dialogue avec les groupes radicaux."On ne peut pas dialoguer avec les groupes jihadistes qui n'ont pas renoncé au combat terroriste", a dit Mme Parly à l'AFP. "C'est de la responsabilité des autorités maliennes, pas la nôtre, mais il est important d'échanger".