Pétrole et mines: le Cameroun a publié son 3e rapport pour la transparence

23 septembre 2010 à 20h39 par La rédaction

YAOUNDE (AFP)

Le Cameroun a publié son 3e rapport relatif à la transparence sur les revenus générés par le pétrole et les mines, qui révèle les montants déclarés par les sociétés et perçus par l'Etat sur trois ans, a annoncé une coalition de dix ONG dans un communiqué transmis jeudi à l'AFP.

Ce "3e rapport de conciliation des chiffres et des volumes pour la période 2006-2008 dans le cadre de l'Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE)" a été publié le 16 septembre, précisent ces ONG qui forment la section camerounaise de la coalition mondiale Publiez ce que vous payez (Publish What You Pay, PWYP).

Le premier rapport est sorti en 2006, le deuxième en 2007.L'ITIE est une initiative internationale censée promouvoir la transparence sur les revenus générés par les ressources pétrolières et minières.Le Cameroun y a adhéré en 2005.

Selon le rapport 2010 dont l'AFP a obtenu une copie, en 2006, les compagnies pétrolières ont déclaré avoir versé une peu plus de 209 millions de dollars (plus de 156 millions d'euros) à l'Etat camerounais alors que celui-ci affirme avoir perçu seulement 180,8 millions de dollars, soit un écart de 28,2 millions de dollars (plus de 21 millions d'euros).

En 2007, les compagnies ont versé 244,6 millions de dollars (plus de 183 millions d'euros) mais l'Etat dit n'avoir perçu que 217,1 millions de dollars (plus de 162 millions d'euros).

En 2008 en revanche, la somme déclarée par les compagnies (261,5 millions de dollars, soit près de 196 millions d'euros) est inférieure à celle déclarée comme perçue par l'Etat (321,2 millions de dollars, plus de 240 millions d'euros).

Pour 2006, 2007 et 2008, les compagnies minières ont déclaré le versement de 567,7 millions de FCFA (près de 865.000 euros), tandis que l'Etat a affirmé avoir encaissé 419,4 millions de FCFA (plus de 639.000 euros).

"Il faut trouver les voies et moyens pour que ces écarts, dans l'avenir, puissent être réduits à leur plus simple expression à défaut de disparaître complètement", déclare PWYP-Cameroun dans son communiqué.

Pour le rapport 2010, les déclarations des sociétés et de l'Etat ont été étendues aux ressources tirées du gaz et des "mines solides", précise la coalition des ONG, qui dénonce toutefois des lacunes.

Les données de l'Etat "n'ont pas été auditées par un organisme indépendant selon les normes internationales", explique-t-elle.

Elle s'indigne aussi du "refus total d'autres compagnies de produire les déclarations de leurs paiements au gouvernement", s'appuyant sur les informations contenues dans le rapport gouvernemental réalisé par un groupe privé, le consortium Mazars Cameroun/Hart Group.Pour elle, les données de ce document sont "anciennes et obsolètes".