Pirates somaliens du Carré d'As: ouverture à Melun du procès en appel

22 janvier 2013 à 6h06 par La rédaction

MELUN (AFP) - (AFP)

Le procès en appel de six pirates somaliens présumés, accusés d'avoir pris en otage, en septembre 2008, un couple de Français à bord du voilier le Carré d'As dans le golfe d'Aden, s'ouvre mardi à 09H30 à Melun.

En première instance en novembre 2011, la cour d'assises avait prononcé un acquittement et cinq peines de 4 à 8 ans de prison.Le parquet, qui avait requis des peines plus sévères, avait fait appel des six décisions.

Les accusés, aujourd'hui âgés de 22 à 36 ans et se présentant pour la plupart comme de modestes pêcheurs, sont poursuivis pour enlèvement et séquestration en bande organisée et vol avec arme, faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Ils sont accusés d'avoir arraisonné le Carré d'As le 2 septembre 2008 au large de la Somalie et pris en otage son équipage, Jean-Yves et Bernadette Delanne, skippers expérimentés chargés de convoyer le bateau d'Australie vers la France.

Les pirates exigeaient pour la libération du couple et du voilier une rançon de deux millions de dollars.Mais leur aventure s'était terminée dans la nuit du 15 au 16 septembre 2008 avec un assaut des forces spéciales françaises, durant lequel un pirate était tué et six capturés, tandis que les otages étaient libérés sains et saufs.

Lors du premier procès, les avocats ont invoqué les conditions économiques très difficiles ayant pu conduire des pêcheurs de langoustes à se faire pirates.

Ce procès en appel doit s'achever le 6 février.

La piraterie est endémique au large de la Somalie, pays en guerre civile depuis plus de 20 ans.

En juin 2012, la cour d'assises de Paris a prononcé deux acquittements et quatre peines de quatre à dix ans de prison dans le procès de six autres Somaliens accusés de la prise d'otages du voilier Le Ponant, en avril 2008.

Dans l'affaire du Tanit, qui avait fait un mort parmi les otages durant un raid de l'armée française en avril 2009, la chambre d'instruction de Rennes a décidé vendredi de renvoyer devant les assises trois Somaliens interpellés par les militaires français.