Plus de 6.000 personnes expulsées d'Angola en RDC, nombreux cas de viols

5 novembre 2010 à 17h31 par La rédaction

KINSHASA (AFP)

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU à Kinshasa a fait état vendredi de l'expulsion en octobre par l'Angola de plus de 6.000 personnes, en majorité des ressortissants de la RD Congo, et du signalement de nombreux cas de viols.

Selon des "rapports fiables" d'un groupement d'agences humanitaires onusiennes et d'ONG, l'Angola a procédé en octobre à l'expulsion de ses provinces minières de plus de 6.000 personnes en situation irrégulière, en majorité des Congolais de la RDC, vers les provinces du Bas-Congo, Bandundu et surtout du Kasaï-Occidental (sud-ouest de la RDC).

"Plus de 600 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées parmi ces expulsés", a déclaré à l'AFP Maurizio Giuliano, porte-parole d'Ocha, appelant les autorités d'Angola et de la RDC à "enquêter sur ces allégations" de violences.

"Les expulsions ne sont pas illégales mais elles doivent être faites de manière ordonnée et coordonnée, et surtout dans des conditions acceptables du point de vue du droit humanitaire", a ajouté le porte-parole.

Interrogé par l'AFP sur le chiffre de 6.000, l'ambassadeur d'Angola à Kinshasa, Emilio José de Carvalho, a simplement indiqué qu'il n'avait "pas reçu les derniers rapports"."Les expulsions n'ont jamais cessé" et les autorités congolaises en "sont toujours informées", a-t-il affirmé.

Les motifs d'expulsion sont "le séjour illégal, l'activité illicite de creuseur de diamant, la violation des frontières...", selon l'ambassadeur.

Questionné sur les violences sexuelles, M. de Carvaho a répondu: "Nous connaissons la chanson.Les femmes expulsées disent qu'elles ont été violées, et les hommes qu'ils ont été extorqués".Selon lui, les violences seraient commises dans des centres où les expulsés sont regroupés et "cela se passe entre eux".

Depuis 2004, plus de 400.000 immigrés illégaux, quasiment tous des Congolais de RDC, ont été expulsés des provinces minières d'Angola dans le cadre d'une opération baptisée "Diamant" et visant à lutter contre le trafic illégal de diamants angolais.