Plus de 8.000 Ethiopiens fuient le conflit et se réfugient au Soudan (agence officielle)

11 novembre 2020 à 13h17 par AFP

AFRICA RADIO

Plus de 8.000 Éthiopiens se sont réfugiés en 48 heures dans l'est du Soudan, fuyant les combats dans la région dissidente du Tigré, ont indiqué des responsables gouvernementaux cités mercredi par l'agence Suna.

L'agence officielle a indiqué que 6.000 Éthiopiens étaient arrivés dans l'État fédéral de Gedaref et 1.100 dans celui de Kassala. Mardi, des responsables de ces deux régions orientales du Soudan avaient fait état de l'arrivée de 1.500 réfugiés.Face à l'urgence, dans l'État de Gedaderf, les agriculteurs ont commencé à collecter de la nourriture et à proposer des abris aux arrivants, indique une source gouvernementale cité par Suna, selon laquelle jusqu'à 200.000 Ethiopiens pourraient se réfugier au Soudan.Le Tigré est une région dissidente du nord de l'Ethiopie où Addis Abeba mène depuis le 4 novembre une opération militaire d'envergure.Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019, a lancé cette opération contre les autorités du Tigré, qu'il avait accusées préalablement d'avoir attaqué deux bases de l'armée fédérale sur leur territoire, ce qu'elles démentent.Se disant "inquiet de l'impact du conflit en cours", le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Babar Baloch, a également fait état mardi de la présence de "plusieurs centaines de demandeurs d'asile" à deux postes-frontières de la zone. L'aviation éthiopienne a lancé plusieurs séries de raids sur des positions tigréennes tandis qu'au sol, des combats impliquant de l'artillerie lourde ont été rapportés entre les troupes fédérales et les forces de sécurité tigréennes, notamment à l'ouest.L'Union africaine (UA) a réclamé mardi la fin des hostilités dans la région du Tigré, où les combats poussent des milliers d'habitants à fuir vers le Soudan.A la tête de la région, le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), qui fut tout-puissant durant les presque 30 ans qu'il a passés aux commandes des institutions politiques et sécuritaires en Ethiopie, défie depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral de M. Abiy.Les dirigeants de la région du Tigré l'accusent de les avoir progressivement écartés du pouvoir depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018.