Pour George Clooney, le Soudan commet des "crimes de guerre"

Par La rédaction

NEW YORK (AFP) - (AFP)

L'acteur américain George Clooney a déclaré mardi que les forces armées soudanaises commettaient des "crimes de guerre" en s'attaquant à des civils dans le sud du pays, pointant notamment un tir de roquette qu'il aurait évité de peu.

"Il y a une différence entre deux armées qui combattent et ce que la convention de Genève appelle les crimes de guerre", a déclaré George Clooney au Council on Foreign Relations, un groupe de reflexion sur la politique étrangère, qui se réunissait à New York, quelques heures heures après son retour des monts Nouba.

Ces montagnes sont situées au Kordofan-Sud, une partie du Soudan qui n'a pas rejoint le Soudan du Sud lors de la partition de l'an dernier.Des combats s'y déroulent entre l'armée de Khartoum et des rebelles favorables à un rattachement au Soudan du Sud.

"Nous avons observé cela, spécifiquement, en (plusieurs) occasions: viols, famine, manque d'aide humanitaire", a rapporté George Clooney.Les militaires soudanais "terrorisent ces personnes et ils tuent, en espérant que cela va les faire fuir", a-t-il dit.

George Clooney s'implique depuis des mois pour alerter les médias et les responsables politiques sur les violences au Soudan.Il a contracté le paludisme lors de son dernier séjour, en janvier.

Alors qu'il rendait visite à des villageois cachés dans des grottes depuis le début d'une campagne de bombardements aériens des forces armées soudanaises, il a été demandé à l'acteur et à son compère, le militant John Prendergast, de se mettre rapidement à l'abri.

George Clooney a expliqué qu'ils ne s'étaient pas vraiment pressés, pensant que l'avertissement avait seulement trait à l'arrivée d'un avion Antonov des forces soudanaises."Mais ce n'était pas un Antonov.C'était une roquette et ça a fait boum.Nous voulions aller dans cette zone et nous y avons été mais nous ne nous attendions pas à des roquettes", a-t-il dit.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont souligné que les raids aériens menés contre des civils dans des zones tenues par les rebelles dans les monts Nouba s'apparentaient à des crimes de guerre.