Poursuite des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants au Caire

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Des affrontements se poursuivaient dimanche dans le centre du Caire pour la troisième journée consécutive entre forces de l'ordre et manifestants anti-armée, qui ont fait dix morts et près de 500 blessés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les violences, à coups de pierres, se déroulaient de part et d'autre d'un barrage de barbelés et de tôle installé par les forces de l'ordre sur une rue adjacente à la grande avenue conduisant de la place Tahrir, haut lieu de la contestation, au siège du gouvernement.

L'avenue était barrée depuis samedi par un mur en béton afin d'empêcher les manifestants d'approcher du siège du gouvernement, où la confrontation avait débuté vendredi matin.

Des manifestants pénétraient dans le bâtiment encore fumant de l'Institut d'Egypte, à l'angle de l'avenue et d'une rue, incendié la veille, pour en extraire des manuscrits anciens, dont une partie étaient brûlés, selon un journaliste de l'AFP.

Le ministre de la Culture Chaker Abdel Hamid a qualifié l'incendie du bâtiment de "catastrophe pour la science", et annoncé la "formation d'un comité de spécialistes de la restauration des livres et des manuscrits quand les conditions de sécurité le permettront".

"Le bâtiment contenait des manuscrits très importants et des livres rares dont il est difficile de trouver l'équivalent dans le monde", a-t-il déclaré samedi soir à la télévision, faisant état d'efforts associant "des jeunes de la Révolution, du Conseil supérieur de la Culture et des restaurateurs pour sauver ce qui peut l'être".

L'établissement a été fondé en 1798 au cours de l'expédition en Egypte de Napoléon Bonaparte afin de faire progresser la recherche scientifique.

Autour de la place Tahrir, les protestataires brandissaient la Une d'un quotidien créé après la chute du président Hosni Moubarak qui montrait la photo d'une manifestante voilée, dont les soldats découvraient le soutien-gorge et le ventre en la frappant et en la traînant sur la chaussée.

Cette photo, ainsi que d'autres montrant des militaires adressant des gestes obscènes aux manifestants circulaient largement sur les réseaux sociaux.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Egypte depuis le départ de M. Moubarak en février, a pour sa part publié dans la soirée de samedi sur Facebook et Youtube des images du saccage d'un bâtiment gouvernemental vendredi, avec ce commentaire: "N'est-ce pas notre droit de protéger la propriété du peuple?".

Ces violences sont les plus graves depuis les affrontements similaires qui avaient fait 42 morts, principalement au Caire, quelques jours avant le début le 28 novembre des premières législatives de l'après-MoubaraK.

Le ministère de la Santé a annoncé samedi soir un bilan de 10 morts et près de 500 blessés depuis vendredi.

Le parquet a ordonné le maintien en détention pour quatre jours de 17 personnes arrêtées samedi.