Première arrestation au Mozambique dans l'affaire de la "dette cachée"

Par AFP

AFRICA RADIO

Les autorités mozambicaines ont arrêté jeudi un homme d'affaires soupçonné d'être impliqué dans le scandale dit de la "dette cachée", première interpellation locale depuis le début de cette affaire qui a plongé le pays dans la crise.

Cet homme, Teofilo Nhangumele, a été interpellé dans la capitale, Maputo, et placé en garde à vue, a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable de la police.La presse locale a rapporté que quatre autres individus avaient été arrêtés lors de ce coup de filet.M. Nhangumele est accusé par les enquêteurs d'avoir servi d'intermédiaire entre les services secrets mozambicains et le groupe Privinvest, propriété du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa, au coeur du dossier."Il a été arrêté pour empêcher toute obstruction à l'enquête. Une partie de ses biens a été saisie", a ajouté le policier.L'affaire a éclaté en 2016, lorsque le gouvernement de Maputo a révélé avoir contracté, sans en informer le Parlement et ses bailleurs, pour 2 milliards de dollars de prêts destinés à l'achat de navires, notamment militaires, auprès de Privinvest.Ces prêts frauduleux ont été le prétexte au versement d'au moins 100 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables politiques et fonctionnaires au sommet de l'Etat mozambicain, des banquiers et des hommes d'affaires.Elle a plongé le pays dans une grave crise financière. La plupart des bailleurs de fonds ont suspendu leur aide et Maputo a interrompu le remboursement de sa dette.L'ex-ministre des Finances, Manuel Chang, a été arrêté en Afrique du Sud fin décembre et fait l'objet de demandes d'extradition du Mozambique et des Etats-Unis.La justice sud-africaine doit se prononcer vendredi sur une demande de remise en liberté sous caution.L'affaire suscite des remous au Mozambique à quelques mois des élections générales du 15 octobre. L'opposition et des ONG refusent que le pays rembourse un centime de cette "dette cachée" aux banques.