Première visite d'Hillary Clinton au Caire et à Tunis depuis les révoltes arabes

10 mars 2011 à 19h03 par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Hillary Clinton se rendra la semaine prochaine en Egypte et en Tunisie pour la première fois depuis le début des révoltes arabes, et y rencontrera des opposants libyens, a annoncé jeudi la secrétaire d'Etat américaine.

"La semaine prochaine, je vais me rendre au Caire et à Tunis pour parler directement" aux Egyptiens et aux Tunisiens, et "rencontrer leurs dirigeants de transition" a dit Mme Clinton à des élus du Congrès américain.

La chef de la diplomatie américaine a dit vouloir "apporter le soutien ferme" de l'Amérique à ces pays, et sa volonté d'être "partenaire" de la transition qui s'engage.

Elle a évoqué "un engagement très important" à aider économiquement la Tunisie, et rappelé que les Etats-Unis avaient déjà réaffecté vers l'Egypte 150 millions de dollars d'aide.

"C'est un enjeu énorme pour nous que d'assurer que l'Egypte et la Tunisie soient les modèles du type de démocratie que nous souhaitons voir", a-t-elle plaidé à la Chambre des représentants, devant laquelle elle défendait le budget de son ministère.

Réitérant la demande américaine que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir à Tripoli "sans retard ni nouvelles violences", elle a annoncé une amplification des efforts de l'administration pour entrer en contact avec la rébellion libyenne.

"Nous sommes en train de joindre l'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de la Libye.Je vais rencontrer certains de ces opposants à la fois aux Etats-Unis et lors de mon voyage la semaine prochaine, afin de discuter de ce que les Etats-Unis et d'autres peuvent faire", a-t-elle ajouté.

Des diplomates américains, dont Gene Cretz, l'ambassadeur américain en Libye, ont déjà rencontré au Caire des membres du Conseil national de transition (CNT), dont la France a été jeudi le premier pays à reconnaître la légitimité.

D'autres entretiens ont eu lieu, mais Washington est délibérément discret sur l'identité des personnalités rencontrées, pour ne pas donner le sentiment que les Etats-Unis choisissent leurs interlocuteurs.

Les Etats-Unis continuent de considérer l'opposition libyenne comme un ensemble en cours de formation, et non un bloc.

Les Occidentaux ont passé jeudi en revue les moyens, y compris militaires, de nature à mettre un terme à la crise en Libye.Mais deux réunions, des ministres de la Défense de l'Otan et des ministres des Affaires étrangères de l'UE, n'ont pas permis d'aboutir à un consensus.

Sur le terrain, les forces loyales à Mouammar Kadhafi ont gagné du terrain dans leur progression vers l'est tenu par les rebelles.