Présidentielle au Congo: début du vote anticipé des militaires, les catholiques interdits d'observer ce scrutin

Par AFP

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Les forces de défense et de sécurité ont voté par anticipation mercredi pour la présidentielle qui se tiendra le 21 mars au Congo-Brazzaville, où les observateurs de l'église catholique n'ont pas été accrédités par les autorités, selon un courrier consulté par l'AFP.

Troisième ville du pays, Dolisie abrite la deuxième Zone militaire de défense de la République du Congo, petit pays d'Afrique centrale, riche en pétrole.Les militaires, policiers et gendarmes y votaient dans le seul bureau ouvert de manière anticipée pour la présidentielle qui oppose le président sortant Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 36 cumulés au pouvoir, à six autres candidats. Dans ce bureau de vote, au total 1.203 inscrits étaient appelés à accomplir leur devoir civique entre 7h00 et 17h00 (06H00 à 16h00 GMT). Sur l'ensemble du territoire, le nombre de votants concernés par cette opération se situait "entre 55 et 60 mille" votants, a déclaré à l'AFP le président de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) Henri Bouka."Ce vote anticipé de la force publique est une première expérience que nous tentons. Ailleurs, dans d'autres pays africains, ce vote existe déjà. Chez nous, c'est la loi qui l'exige", a expliqué M. Bouka.Toutes les formations d'opposition ou presque ont critiqué ce vote anticipé. Elles y voient un risque de fraude en faveur du candidat de la majorité."Ce vote pose problème quand on sait que les militaires ont toujours voté ensemble avec les civils. Comment sera-t-il sécurisé ?", a réagi auprès de l'AFP Franck Nzila Malembé, un militant des droits de l'Homme."Tout s'est bien passé. A partir de demain, les policiers, militaires et gendarmes vont commencer à se déployer pour que le vote du 21 mars puise se dérouler dans de très bonnes conditions", a déclaré à la presse Charles Richard Mondjo, ministre congolais de la Défense, qui faisait le point sur le déroulement du scrutin.D'après la CNEI les résultats du vote de la force publique seront dépouillés et compilés au même moment que ceux de l'élection générale du 21 mars.L'épiscopat congolais, qui avait formulé en février de "sérieuses réserves" sur la transparence et la crédibilité de cette présidentielle, avait sollicité l'accréditation de ses observateurs électoraux.L'organisme public en charge de les accréditer a indiqué qu'il n'était "pas possible (...) de réserver une suite favorable" à la demande d'accréditation formulée par la Conférence épiscopale du Congo, dans une lettre adressée aux évêques.Le fichier électoral général du Congo compte plus de 2,5 millions d'électeurs pour une population estimée à 5 millions d'habitants.Le chef de l'État sortant, Denis Sassou Nguesso, fait face notamment à deux de ses anciens ministres, Mathias Dzon et Guy-Brice Parfait Kolélas, devenus de farouches opposants.