Présidentielle au Niger: ouverture des bureaux de vote pour une élection destinée à rétablir un régime civil

Par La rédaction

NIAMEY (AFP)

Les bureaux de vote ont ouvert lundi peu après 08H00 (locales, 07H00 GMT) au Niger où quelque 6,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour une élection présidentielle destinée à installer un civil au pouvoir après le coup d'Etat militaire de février 2010 contre Mamadou Tandja.

Le chef de la junte au pouvoir depuis un an, le général Salou Djibo, qui n'est pas candidat, donnera à 08H00 (07H00 GMT) à Niamey le coup d'envoi du scrutin.Les bureaux de vote, ouverts pour la présidentielle couplée à des législatives, fermeront à 19H00.

Cinquante ans après l'indépendance de cette ex-colonie française abonnée aux coups d'Etat, 10 candidats se disputent le fauteuil présidentiel.

Dans ce pays enclavé du Sahel, l'un des plus pauvres du monde, quatre hommes font figure de favoris.

L'opposant historique Mahamadou Issoufou, arrivé en tête aux municipales le 11 janvier, espère que "l'heure de la victoire a sonné", son slogan de campagne.

Face à lui, Seini Oumarou, ex-chef du gouvernement de Tandja (2007-2009), portera les couleurs du parti du président déchu.Un autre ancien Premier ministre de Tandja, Hama Amadou (2000-2007), tombé ensuite en disgrâce, et Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996), sont les autres prétendants sérieux.

Dans une alliance de dernière minute pour contrer Issoufou, le trio Oumarou/Amadou/Ousmane s'est engagé à soutenir celui d'entre eux qui arriverait au second tour, prévu le 12 mars.L'investiture du nouveau président est fixée au 6 avril.

Au pouvoir de 1999 à 2010, Tandja, qui avait créé une grave crise en cherchant à se maintenir au-delà de son second et dernier quinquennat légal, suivra la bataille depuis la prison de Niamey où il a été jeté mi-janvier.Il était retenu depuis le putsch dans une villa dans l'enceinte de la présidence.

Le prochain chef de l'Etat aura des défis immenses à relever, à commencer par la lutte contre la pauvreté qui frappe 60% d'une population éprouvée aussi par des crises alimentaires cycliques.

Il devra endiguer la menace grandissante d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui multiplie les rapts d'Occidentaux au Sahel.

Les jihadistes ont enlevé le 7 janvier deux jeunes Français, tués le lendemain lors d'un sauvetage manqué au Mali.Le rapt était survenu en plein Niamey, une première.