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Présidentielle en Côte d'Ivoire: affrontements à l'université d'Abidjan

20 octobre 2020 à 19h08 Par AFP
Des affrontements ont eu lieu mardi entre des inconnus et des étudiants du puissant syndicat Fesci, proche de l'opposition, puis entre les étudiants et les forces l'ordre, faisant deux blessés, à moins de 15 jours de la présidentielle du 31 octobre, a constaté un journaliste de l'AFP. Une cinquantaine d'individus armés de gourdins et machettes ont penétré dans le campus dans la matinée, selon le témoignage de plusieurs étudiants, qui les ont qualifiés de "loubards" ou de "microbes", mot utilisé pour les délinquants mineurs mais utilisé depuis quelques semaines par l'opposition pour désigner des "milices" qui seraient , selon elle, contrôlées par le pouvoir. Les forces de l'ordre ont ensuite dispersé à coups de gaz lacrymogènes les fauteurs de troubles, les échauffourrées ayant débordé dans les rues avoisinantes.Les Fescistes ont notamment intercepté deux individus, qui portaient sur eux des traces de bagarres. L'un d'entre eux saignait abondamment et a du être transporté en brouette, selon plusieurs videos montrées par les fescistes à l'AFP. Landry Guero, le secrétaire général adjoint de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) a confrmé la version donnée par les étudiants et affirmé que ces individus ont été "remis à la police". Ces événement surviennent au lendemain de heurts entre la police et des étudiants qui s'étaient mis en grève pour dénoncer les frais de scolarité annexes payés par les étudiants et élèves du pays. Toutefois, "le mot d'ordre de grève a été suspendu à 15h lundi", a-t-il indiqué, affirmant que gouvernement a accepté d'ouvrir les négociations.Il a nié toute "instrumentalisation" ou "politisation" du mouvement étudiant dans un contexte de campagne électorale tendue.Lundi, des étudiants avaient incendié plusieurs véhicules et des troubles liées à la situation politique ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Une personne était notamment décédée dans des manifestations de l'opposition à Bonoua (60 km d'Abidjan). Les craintes de nouvelles violences sont grandes, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, qui avait fait 3.000 morts et qui était survenue après une décennie de tensions.