Presidentielle en Côte d'Ivoire: heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Daoukro

Par AFP

AFRICA RADIO

Des heurts se sont produits mardi entre des jeunes manifestants et des forces de l'ordre à Daoukro, ville du centre-est de la Côte d'Ivoire, bastion de l'ancien président et candidat Henri Konan Bédié, à quatre jours de l'élection présidentielle, ont rapporté des témoins à l'AFP.

Des jeunes ont érigé des barricades dans la matinée dans la ville ainsi que sur les routes de la région, pour marquer leur hostilité au président Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat controversé."Un détachement de la gendarmerie a forcé des barrages érigés à l'entrée sud de la ville pour disperser les manifestants", a expliqué à l'AFP un habitant joint au téléphone.Les manifestants ont réagi en jetant des pierres. Plusieurs motos ont été brulées."Un autre convoi de l'armée a été pris à parti par un groupe de manifestants, scandant +On ne veut pas de troisième mandat, ici c'est Daoukro!+", a témoigné Théophile, un mécanicien."L'armée a dispersé de nombreux jeunes qui tenaient des barrages sur la route menant à Daoukro", a précisé un jeune sur un barrage situé près de Kotobi (à 50 km au sud de Daoukro).La situation était redevenue calme en milieu d'après-midi. Aucun bilan des incidents n'était disponible en fin de journée.Des affrontements intercommunautaires avaient fait à la mi-août au moins trois morts à Daoukro dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara.Celui-ci, au pouvoir depuis dix ans, se représente à 78 ans pour un troisième mandat controversé. Elu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara avait annoncé en mars qu'il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d'avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats de M. Ouattara a été remis à zéro.Face à lui, l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, 86 ans (en fonction de 1993 à 1999), se pose en leader de l'opposition, tout en menaçant de boycotter l'élection, qui se prépare dans un climat de forte tension.Au total une trentaine de personnes sont mortes dans des violences pré-électorales depuis le mois d'aout. La crainte d'une escalade de violences électorales meurtrières est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara. Survenant après une décennie de tensions qui avaient coupé le pays en deux, sur une ligne identitaire entre le nord et le sud, elle avait fait 3.000 morts.