Présidentielle en Côte d'Ivoire: la Cédéao appelle à des "efforts considérables"

Par AFP

AFRICA RADIO

Une mission diplomatique ouest-africaine a appelé lundi le pouvoir et l'opposition ivoiriens à "des efforts considérables" pour une élection présidentielle apaisée le 31 octobre, alors que des affrontements ont fait plusieurs morts ces derniers jours en Côte d'Ivoire.

La mission de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a rencontré dimanche et lundi le pouvoir et l'opposition, "a exhorté candidats et les partis politiques à faire des efforts considérables pour parvenir à un accord concernant l'élection", a-t-elle déclaré dans un communiqué lu devant la presse.Dirigée par la ministre ghanéenne des Affaires étrangères Shirley Botchway, la délégation de la Cédéao, en mission à Abidjan pour la deuxième fois en une semaine, a aussi "exhorté les candidats (d'opposition) du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) et du FPI (Front populaire ivoirien) à reconsidérer sérieusement leur décision de boycotter l'élection et l'appel à leurs partisans à se lancer dans la désobéissance civile pour protester contre le processus électoral".Après avoir rencontré le président Alassane Ouattara, qui se représente pour un troisième mandat controversé, son Premier ministre Hamed Bakayoko, et les candidats d'opposition Henri Konan Bédié, chef du PDCI, et Pascal Affi N'Guessan, chef d'une aile du FPI, la mission a "noté la persistance des points de divergence sur le processus électoral" et la "méfiance persistante des candidats et acteurs politiques à entreprendre un dialogue".Cette mission de bons offices, à deux semaines du scrutin présidentiel ivoirien, s'est déroulée alors que des troubles civils ont fait trois morts ces trois derniers jours.L'opposition, qui laisse planer le doute sur un boycott de l'élection présidentielle depuis des semaines, demande une réforme du Conseil constitutionnel et de la Commission électorale indépendante, "inféodés" au pouvoir selon elle. Elle a appelé le 15 octobre ses militants à une campagne de "désobéissance civile" et à boycotter "les opérations électorales".Elle estime que le président Ouattara n'a pas le droit de se présenter à un troisième mandat. Elu en 2010, réélu en 2015, Ouattara a décidé de se représenter après la mort brusque de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.La Constitution prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Loi fondamentale adoptée en 2016, le compteur des mandats de M. Ouattara a été remis à zéro.Une quinzaine de personnes sont déjà mortes en août dans des violences survenues dans le sillage de l'annonce de sa candidature.La crainte de nouvelles violences est grande dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts.