Présidentielle en Côte d'Ivoire: un ex-ministre de Ouattara candidat

Par AFP

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Abdallah Albert Mabri Toikeusse, ministre à plusieurs reprises sous la présidence d'Alassane Ouattara, passé dans l'opposition en 2020, a été officiellement investi candidat de son parti à la présidentielle du 31 octobre.

"Militants et militantes, vous venez de me mettre en mission. Avec vous, pour vous, je veux bâtir la nation ivoirienne. Je veux être l'ami de tous et l'ennemi de personne", a lancé l'ancien ministre à plusieurs milliers de militants de l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) au Palais de la culture d'Abidjan."Nous avons réussi à remplir les conditions requises de parrainage de notre candidature", a promis M. Mabri Toikeusse qui devrait déposer sa candidature à la Commission électorale indépendante (CEI) lundi."Je veux être celui qui sera le trait d'union entre tous les Ivoiriens. Après des décennies d'incompréhension... Notre défi est de remettre notre pays sur les rails de +l'union, du travail et de la discipline+ (devise de la Côte d'Ivoire, ndlr) ", a-t-il conclu.M. Mabri Toikeusse avait été candidat de l'UDPCI à la présidentielle de 2010 (4e avec 2,57 % des voix).Ministre des Affaires étrangères, du Plan et jusqu'en mai 2020 de l'Enseignement et de la Recherche scientifique, il était une figure de la coalition du président Ouattara, le Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la Paix (RHDP).Toutefois, il en a claqué la porte, quand le RHDP a désigné comme candidat le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, décédé quelques mois plus tard d'un infarctus, en juillet. Ce décès a conduit le président Ouattara à briguer un troisième mandat. Comme la précédente, la Constitution de 2016 limite à deux les mandats présidentiels. Les partisans de M. Ouattara affirment que le changement de Constitution a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.Cette candidature controversée a débouché sur des violences interethniques dans plusieurs villes du pays, qui ont fait au moins 8 morts. Alassane Ouattara, 78 ans, l'ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999), 86 ans, ou l'ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo Pascal Affi N'Guessan ont déjà déposé leur dossier à la CEI.Les candidats ont jusqu'à lundi minuit pour déposer leurs dossiers et ne doivent pas être nécessairement présents physiquement.Des proches de l'ancien président Gbagbo et de l'ancien chef rebelle et Premier ministre Guillaume Soro, tous deux à l'étranger et sous le coup de condamnations par la justice ivoirienne, devraient déposer leurs dossiers d'ici lundi, ont-ils fait savoir à l'AFP.